Quand Peillon met de l'huile sur le feu !

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Quand Peillon met de l'huile sur le feu !

Le ministre de l'Éducation, Vincent Peillon, déjà empêtré dans sa « réforme » des rythmes scolaires, a allumé un deuxième incendie dimanche 24 février avec son annonce concernant les vacances d'été : il s'agirait de raccourcir ces dernières de deux semaines, et de les répartir en deux zones géographiques.

La proposition a tout de suite suscité, à juste titre, la polémique.

Pourquoi cette annonce intempestive alors que déjà les rythmes et la semaine des 4 jours et demi ont provoqué un vaste mouvement de colère et de grève chez les enseignants du premier degré ?

L'école au sens large, est malmenée, voire martyrisée depuis plus d'une décennie. Les saignées subies sous la droite en particulier ont mis à mal un service public d'éducation de qualité.

Faire croire aujourd'hui que l'essentiel des problèmes et des solutions à trouver, figurent dans les modifications des rythmes est une véritable imposture. Le prisme choisi par le ministre est au fond toujours le même : il faut modifier le temps scolaire car les enseignants ne travaillent pas assez ! C'est oublier une fois de plus ce que sont les tâches des enseignants. C'est oublier que les enseignants dans le second degré notamment ont en charge les examens bien au-delà du 30 juin. C'est oublier surtout qu'on ne peut augmenter le temps de travail sans rémunération !

Les enseignants en grève ces dernières semaines ne sont pas entendus sur leur semaine chargée de travail, sur le manque de personnels enseignants ou pas (encadrement, animation...), sur les effectifs des élèves et sur les difficultés d'enseigner.

Le lobby du tourisme ravi

Avec ce type de provocation, au fond Vincent Peillon renoue avec ses prédécesseurs et même s'il n'a pas adopté l'attitude grossière d'un Claude Allègre (le ministre de l'Éducation nationale sous Jospin, dont la mission était de « dégraisser le mammouth » éducation nationale), il s'en rapproche un peu.

Prendre les problèmes de l'école et la réussite scolaire par le biais des congés d'été à raccourcir est à la fois malhonnête et absurde. Il n'y a pas de liens avérés entre les congés annuels d'été et la réussite des élèves : la Finlande (qui obtient les meilleurs résultats aux évaluations internationales) compte également 16 semaines de congés annuels comme la France, l’Italie en a 17 et l’Espagne 15. Pour les congés d’été, seuls le Danemark, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont des vacances réduites à 6 semaines. Seize pays européens sont à 9 semaines et plus !

Qui Vincent Peillon comptait-il satisfaire avec son annonce ? Les parents ? Pas si sûr malgré la position de la FCPE. Car ce n'est pas tenir compte des contraintes des parents et des familles, de la société en général. Mais c'est surtout satisfaire les professionnels du tourisme qui préconisaient il y a déjà quelques temps notamment le raccourcissement des vacances estivales à six semaines avec la mise en place d'un zonage et le maintien des vacances d'hiver en février et des vacances de printemps en avril. Quel est l'intérêt des élèves dans ces considérations ? Il n'existe pas, la seule chose qui reste c'est que l'école une fois de plus devrait se plier aux intérêts économiques. Une aberration pour ce pouvoir qui prétend mettre au cœur de ses préoccupations l'école. C'est bien mal parti.

Myriam Martin - Le 28/02/2013

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