Le corps des femmes n’est pas une marchandise !

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Le corps des femmes n’est pas une marchandise !

On se demande parfois si les filles voilées sont libres ou si elles ne sont que le jouet d'un indicible obscurantisme moyenâgeux? Pourquoi s'enveloppent-elles la tête de ce signe d’oppression ; oppression réelle et historique des femmes par toutes les religions? Mais pas que...

Pourquoi remettent-elles un voile que leurs mères ont tant eu du mal à pouvoir enlever et cela après maintes luttes?

Question difficile qui finira rapidement en joute verbale ou en pugilat. Et si vous remplacez les deux ou trois protagonistes par une assemblée militante... alors là c'est l'émeute!

Dans notre république laïque (mais bourgeoise), les âmes bien pensantes exhortent les femmes et les filles à retirer leur voile.... au nom de la liberté de la femme et de la défense de la laïcité. Et si elles ne sont pas d'accord alors il faut légiférer et les contraindre par la force publique : les gamines hors de l'école... les mères hors du monde du travail... et bientôt hors de l'espace public.

Je ne m'emporte pas, non, non, croyez moi!

C'est la réalité en 2013... des gamines sont excluent de l'école car elles sont voilées. Leurs mères sont interdites d'accompagnement de sorties scolaires parce qu'elles sont voilées. Des femmes sont virées de leurs boulots...parce qu'elles sont voilées!

Sadisme proche de celui de l'enfant qui prend un malin plaisir à arracher les ailes des mouches? Sauf qu'ici pas d'ailes mais des voiles, pas d'enfants mais des hommes d'âge mûr!

Mais je m'égare, et revenons à cette simple question : pourquoi (re)mettent-elles ce putain de voile?

Peut-être parce que jamais dans l'histoire de l'humanité, la femme et son corps n'ont été autant considérés par un système idéologique, et donc forcément économique, comme une vile marchandise, juste bonne à émoustiller les consommateurs mâles et filer des complexes à madame tout le monde... tout cela pour faire des profits.

Sois belle mais pas rebelle... vends nous du rêve sexué : tu pourras bouger tes fesses dans un clip, montrer tes seins dans une télé réalité, t'exposer le plus crument sur une affiche publicitaire... bref soit "bonne"!

Voilà ta liberté de femme émancipée. Mais émancipée de quoi? Pas du paternalisme, ni du machisme, encore moins du sexisme ou de la misogynie! Pas du précariat, ni des bas salaires, des violences quotidiennes ou des tâches ménagères.

Ton corps t'appartient s'il me permet de vendre ma camelote. Cd, fringues, revues, voitures, audimat... qu'importe!

Voilà, après des années de féminisme, et sans remonter jusqu'à Olympe de Gouges, où nous en sommes. Des siècles d'évolution et d'éducation pour en arriver là. Combien de combats pour finir si bas?

Je ne suis pas d'un naturel prude, ni rigoriste... et il faut savoir se méfier des hommes (comme moi) qui parlent au nom des femmes. Mais là on touche vraiment le fond et c'est sacrément symptomatique d'une société malade... mourante même : "crève charogne" hurlent les capitalistes! Et si vous liez ça avec la rhétorique des "anti-mariage pour tous", leur vision réactionnaire de la famille et du rôle unique de la femme comme un ventre fécond... alors là, camarade, il y a de quoi se flinguer!

Où est le progrès, celui qui trouvait son apogée dans l'émancipation des hommes et des femmes? Cette notion n'a que peu de rapport avec le "progrès sans fin" de la société bourgeoise. Accumulation de capital telle est la définition du progrès bourgeois.

Entre les Talibans et la "Glam & Sexy" des Galeries Lafayette, il doit bien avoir une zone qui ne soit pas plongée dans l'obscurité? Une zone où les femmes ne soient pas obligées de se dénuder pour pouvoir manger et payer leurs factures. Une zone où des filles ne se sentent pas obligées d'être (ou de jouer à être) "religieuses" pour ne pas être amalgamées. Une zone où il est interdit d'interdire!

"Le capital abhorre l’absence de profit ou un profit minime, comme la nature a horreur du vide. Que le profit soit convenable, et le capital devient courageux : 10% d’assurés, et on peut l’employer partout ; 20%, il s’échauffe ; 50%, il est d’une témérité folle, à 100%, il foule aux pieds toutes les lois humaines ; à 300%, et il n’est pas de crime qu’il n’ose commettre, même au risque de la potence. Quand le désordre et la discorde portent profit, il les encourage tous deux" Karl Marx.

S.T, qui a bossé 6 mois aux Galeries avant de se barrer en courant, le 22 mai 2013.

Le corps des femmes n’est pas une marchandise !

Les Galeries Lafayette, ni glam, ni sexy

Les Galeries Lafayettes inaugurent le 21 mai un nouveau concept « Glam et sexy » : le lancement de leur nouveau rayon lingerie.

Celui ci s’accompagne d’animatrices mettant en scène des mannequins dénudés portant la signalétique du magasin tatoué sur leur corps, postées aux portes d’entrée et aux abords des escalators ; d’autres mannequins jouent les fausses clientes et tombent leur manteau pour continuer leurs achats en string et soutien gorge. L’après midi sera ponctué par des strip-tease.

Surfant sur la vague du porno chic, ces animations nous rappellent les défilés de mode mettant en scène des mannequins en situation de prostitution.

Ces femmes sont des salariées contraintes de s’exposer dans le cadre de leur travail. C’est une atteinte à leur dignité et une mise en danger.

La direction des Galeries Lafayettes exploite le corps des femmes pour mener une opération de communication afin d’augmenter ses ventes. Le corps des femmes n’est pas une marchandise !

80 % des salariéEs des Galeries Lafayette sont des femmes. Le secteur du commerce est particulièrement touché par les bas salaires, les horaires atypiques et la précarité.

Alertées par les syndicats CGT, CFDT et FO, nous appelons à se rassembler le 23 mai de 16h30 à 19h devant les Galeries Lafayette pour exiger l’arrêt immédiat de ces animations .

Premières signataires : Collectif national pour les Droits des Femmes, CADAC, Féminisme Enjeux, Femmes égalité, Femmes solidaires, Osez le Féminisme, Fondation Copernic...

Le corps des femmes n’est pas une marchandise !
Le corps des femmes n’est pas une marchandise !

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S.T 25/05/2013 00:31

Difficile de prendre parti, d'accord avec vous... il nous faut, en tant que militant et/ou citoyen, savoir rencontrer les personnes et comprendre les motivations, éviter les raccourcis faciles et les jugements manichéen. Le voile est un symbole certain d’oppression des femmes même si de nombreuses femmes ne le vivent pas comme cela. Au delà de la question politique, il nous faut aussi réfléchir sur le vivre ensemble et sur le sens que nous donnons à la laïcité et à sa dualité (séparation du politique et du religieux ET liberté de vivre sa religion sans craindre des représailles). La question de liberté d'expression est aussi posée. Personnellement je n'ai pas la réponse et, sur ce sujet, je reste dans un flou qui intellectuellement me convient.

Nicolas POITIER 23/05/2013 08:07

le problème du port du voile c'est le heurt violent et frontal du féminisme qui se débarrasse de ses soutien-gorges et de la liberté de se voiler dans un monde ou il existe des pays ou des femmes sont tués parce qu'elles refusent de porter le voile.

Dès lors, il est bien difficile de prendre parti. Pris entre le "respect du choix individuel" qui risque de valider un fascisme religieux et familial et le "respect du choix individuel" qui risque de valider un fascisme commercial et sexiste....