Montauban : La CAF et la Poste au banc des accusés

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Montauban : La CAF et la Poste au banc des accusés

Les 120 CDD de la postière soumis aux juges hier prud'hommes

L'affaire de la postière aux 120 CDD est arrivée hier, aux prud'hommes de Montauban, devant le juge départiteur Philippe Hoyet qui siégeait en compagnie de Marie Claude Noris et Mr Herblon, conseillers salariés aux prud'hommes. En effet, lors du délibéré, les conseillers prud'hommes n'ayant pas réussi à trancher le litige, l'affaire de la postière a été renvoyée devant un juge départiteur.

Pour mémoire, cette postière guichetière, employée à La Poste depuis 1994 a vécu pendant 10 ans dans la précarité professionnelle, avec 120 CDD au total à temps partiel, avant de bénéficier d'un CDI en novembre 2006, et d'obtenir une promotion en accédant au poste de guichetière confirmée en mars 2010.

Thomas Barba, cadre supérieur à la Poste et délégué syndical Sud, attaché à la défense des agents lors des procédures en justice a plaidé avec vigueur la cause de Mme C : «Aujourd'hui, on a assisté à une plaidoirie à «effets de manches». On demande la requalification des CDD à temps partiel en CDI à temps complet, un rappel de salaire pendant 10 ans et des dommages et intérêts pour la précarité et la dépendance pour les 120 CDD. Une fois que cette requalification sera reconnue, nous demanderons que la retraite soit régularisée. Et en nous appuyant sur la jurisprudence du 7 mars 2013 , nous plaidons la discrimination indirecte. Et nous allons gagner» lance t-il déterminé.

Dans sa lancée, en fin d'audience, Thomas Barba a également accusé le conseil de prud'homme d'avoir transgressé l'article L 1 245-2 du code du travail (4 mois d'attente pour la demande de requalification au lieu d'un mois) ainsi que l'article 1454-29, qui prévoit que le juge professionnel doit statuer dans le mois qui suit, alors qu'il en a mis plus du double. «Si les juges ne respectent pas la loi c'est alarmant ! Et plus alarmant encore, à partir de juin 2013, on n'aura plus la possibilité de revenir sur les droits trentenaires des salariés. C'est une aberration» déplore t-il.

Au cours de sa plaidoirie, Maître Gil, l'avocat de La Poste précise que de 2005 à 2011, plus de 22 000 agents ont pu accéder à des contrats en CDI. «Dans le cas de Mme C. La Poste regrette qu'il n'y ait pas eu de tentative de règlement à l'amiable, puisqu'elle a fait le choix de saisir directement la juridiction des prud'hommes ou elle a formulé des demandes pour une somme cumulée de près de 80 000 €, hors demandes indéterminées. Sur le sujet de la discrimination indirecte homme-femme, La Poste s'engage depuis de nombreuses années en faveur de l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes.»

Le jugement a été mis en délibéré au 27 mai.

Gisèle Dos Santos - la dépêche du midi, le 26 mars 2013

Montauban : La CAF et la Poste au banc des accusés

CAF : rassemblement contre la sanction infligée au délégué syndical

On revendique sans doute mieux le ventre plein. Hier, à l'heure de la pause déjeuner, les salariés de la CAF (Caisse d'allocations familiales) de Tarn-et-Garonne ont organisé, après avoir déposé un préavis de grève, un pique-nique revendicatif devant leur lieu de travail. Motif du mouvement de colère : Sébastien Turon, délégué CGT a écopé d'une sanction disciplinaire après n'avoir pas «respecté une note de la direction interdisant aux salariés de passer dans le hall d'accueil.» Les grévistes ont demandé l'annulation du blâme : «La note existe, c'est un fait. Mais en tant que délégué du personnel et secrétaire au comité d'entreprise, je me déplace souvent dans l'établissement. Les fais se sont déroulés en début d'année et la sanction est tombée fin février», raconte celui qui est délégué CGT à la CAF depuis novembre 2012.

Venu soutenir cette action des salariés de la CAF, Antoine Lopez, secrétaire de l'UD CGT 82 estime que «sans même parler de la pertinence de la note, la sanction est totalement injustifiée. On ne peut pas limiter les déplacements d'un délégué syndical au sein d'une entreprise. C'est un délit d'entrave. Une procédure est engagée aux prud'hommes pour faire annuler la sanction. L'initiative de ce pique-nique est également symbolique pour dénoncer un climat social qui se tend de plus en plus.»

Pour l'heure, la direction de la CAF n'a pas souhaité réagir hier au mouvement d'humeur de son personnel. Une chose est sûre : elle n'entend pas revenir sur le blâme infligé au délégué CGT.

T.D - la dépêche du midi, le 26 mars 2013

Montauban : La CAF et la Poste au banc des accusés
Montauban : La CAF et la Poste au banc des accusés