Mélenchon au Sanofi : « Si vous ne faites rien, vous allez être tondus comme des moutons »

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

 Mélenchon au Sanofi : « Si vous ne faites rien, vous allez être tondus comme des moutons »

Hier midi, les chercheurs toulousains de Sanofi ont organisé une énième mobilisation devant l'entrée de l'Université Paul Sabatier. Les salariés du laboratoire pharmaceutique ont reçu les soutiens bienvenus de Philippe Poutou et de Jean-Luc Mélenchon. Sobres mais fermes, les deux leaders politiques ont été chaleureusement accueillis par une marée de blouses blanches toujours aussi dense. Face à la surdité de leur direction, les révoltés de Sanofi maintiennent la pression.

Vingt-et-un. Cela fait maintenant vingt-et-un jeudi que les chercheurs de Sanofi se réunissent en masse pour protester contre la fermeture programmée du laboratoire toulousain. Depuis l'été dernier, il n'est plus dans les petits papiers des dirigeants de l'entreprise multinationale. Malgré neuf milliards de bénéfices engrangés l'an dernier, les hauts responsables projettent de supprimer le pôle recherche de la Ville rose. La situation est toujours bloquée après des mois et des mois de réunions, de réceptions à l'Elysée et de propos flous bavés par les grands décideurs. Le temps des promesses ont vite lassé les chercheurs, qui avaient mis l'affaire devant les tribunaux. Ceux-ci avaient en première instance donné raison à la direction de l'entreprise. Dans le cadre du procès en appel, un nouveau comité central d'entreprise devait avoir lieu ces derniers jours. « Nous avons réussi à repousser le CCE à fin décembre, car les experts n'ont pas eu les documents nécessaires pour effectuer leurs travaux » explique Pascal Delmas, délégué syndicat Cfdt-Sanofi. « Le dialogue est très compliqué. Nous tentons de faire comprendre aux dirigeants que s'ils veulent maintenir l'industrie, il leur est nécessaire de maintenir aussi la recherche. C'est incompréhensible qu'un site comme celui de Toulouse soit purement et simplement rayé de la carte » maugrée t-il. « Il nous faut désormais obtenir une réunion tripartite, qui mettrait le gouvernement, les syndicats et les représentants de Sanofi autour d'une même table. L'objectif est ensuite d'arriver à geler le plan de restructuration et que les intentions réelles du groupe soit mises à jour ».

« Se battre ensemble »

Au milieu des chants et des pancartes parfois taquines, une chevelure grise et dégarnie s'est faite remarquer. Celle de Philippe Poutou, leader du Nouveau Parti Anticapitaliste. « Le secteur médical ne doit pas entrer dans la logique du profit et de l'intérêt financier » déclame t-il. « L'exemple de Sanofi est presque le cas le plus scandaleux. C'est pourquoi aussi il y a une résistance depuis longtemps ici. Cela montre qu'il y a une urgence sociale causée par trop de chômage et de précarité. Il faut maintenant des réponses radicales, qui ne peuvent venir que de la rue ». Ces mesures chocs, l'homme les expose sans place pour la concession. « La politique libérale doit cesser. Il ne faut pas interdire seulement les licenciements boursiers, mais interdire les licenciements tout court. Ces entreprises qui font des bénéfices énormes et se séparent de leurs salariés doivent être expropriées » tranche t-il. « La mobilisation populaire peut pousser ce combat. Syndicalistes, équipes militantes, citoyens, étudiants, partis politiques, il faut se battre ensemble ». Débarqué plus tard au milieu d'un essaim de journalistes, le leader de gauche Jean-Luc Mélenchon a déployé un discours plus analytique. « Il faut bien comprendre la racine du problème. Ce n'est pas la difficulté de l'entreprise pharmaceutique à produire, mais la logique de l'argent qui vient se mêler là où il ne devrait y avoir que l'intelligence humaine » explique le président du Front de Gauche. « Ceux qui ont voulu obliger des cerveaux à marcher sur des rails ne sont jamais arrivés à rien » poursuit-il.

Les étudiants interpellés

Le choix de manifester devant l'université scientifique de Rangueil est tout sauf anodin. On pourrait même le qualifier de judicieux, comme l'explique le syndicaliste Pascal Delmas. « Plus de la moitié des salariés de Sanofi sont issus de l'université de Toulouse. Les trois-quarts ont été formés en Midi-Pyrénées ». Bernard, chercheur au sein du laboratoire local, poursuit la réflexion. « C'est un endroit symbolique. La faculté de Paul Sabatier est une bonne université avec des chercheurs talentueux, dans laquelle beaucoup d'entre nous ont fait leurs études. Les étudiants sont tous concernés, ils doivent défendre leur avenir » alerte t-il. Et c'est le bon vieux Jean-Luc qui a finit de convaincre les universitaires, avec une bonne vieille formule dont il a le secret. « Si vous ne faites rien, vous allez être tondus comme des moutons » lance le responsable politique. « En tant qu'héritier de l'école publique, c'est votre devoir de citoyens et d'intellectuels d'être à côté des chercheurs de Sanofi. Vous devez vous mobiliser avec toute l'ardeur qui est la vôtre et convaincre vos camarades de vous rejoindre ». Le message a semble t-il été enregistré. La descente des deux leaders d'extrême-gauche devrait en tout cas donner une nouvelle dimension à la mobilisation toulousaine. Assurément, un vingt-deuxième jeudi de la colère se tiendra la semaine prochaine. Qui pouvait sérieusement en douter ?

Christophe Guerra - Toulouseinfos.fr - le 30 nov 2012

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Meeting unitaire contre l'austérité du 29 nov 2012.

Près de 2000 personnes était présent hier soir au Palais des expos pour le meeting organisé par le Cac 31sur le thème «Non à l'austérité en Europe et pour une Europe sociale et démocratique»

Un intitulé qui expliquait la diversité des intervenants, Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) et Philippe Poutou (NPA), mais aussi Gérard Onesta (EELV), Esther Jeffers d'Attac France, des représentants des syndicats CGT, FSU et Solidaires, et bien sûr des mouvements européens (grecs, portugais) en première ligne dans la lutte contre l'austérité.

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Freescale : l'inspection du travail refuse le licenciement pour motif économique des salariés protégés.

L'inspection du travail a refusé le licenciement pour motif économique des salariés protégés de Freescale, selon un communiqué de la CGT de l'entreprise américaine qui a fermé ses portes en août à Toulouse, licenciant 821 salariés.

Selon ce communiqué, l'inspection du travail s'appuie sur "le défaut de démonstration du motif économique au moment du dépôt de la demande" ou encore sur le fait que "la nécessité de sauvegarder la compétitivité du groupe n'est pas démontrée".

Pour la CGT Freescale, cela équivaut à la "non validation du motif économique" qui a conduit l'entreprise à se séparer de 821 salariés à Toulouse.

Selon nos informations, la direction de Freescale aurait fourni de nouveaux documents à l'inspection du travail qui les étudierait actuellement avant de rendre une décision définitive sur le licenciement des salariés protégés.

France3.fr - le 30 nov 2012

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