Le déficit public dérape, la dette explose

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Le déficit public dérape, la dette explose

Le déficit public de la France n'a été ramené en 2012 que de 5,3 % à 4,8 % du produit intérieur brut, en dérapage par rapport à l'objectif du gouvernement qui visait 4,5 %, a annoncé, vendredi 29 mars, l'Insee. La dette publique a, elle, continué d'exploser atteignant un nouveau record à 90,2 % du PIB soit 1 833,8 milliards d'euros, plus que les 89,9 % prévus par le gouvernement. Elle s'élevait à 85,8 % en 2011.

Le gouvernement avait annoncé que le déficit pourrait atteindre 4,6 % au lieu de 4,5 % si l'institut européen de statistiques décidait d'y intégrer le dernier plan d'aide à la banque Dexia, ce qu'il a fait. Le gouvernement a reconnu qu'il ne parviendrait pas à réduire le déficit à 3 % du PIB fin 2013, en raison d'une croissance économique atone, et plaide auprès de la Commission européenne pour obtenir un délai d'un an pour y parvenir.

93,4 % DU PIB FIN 2013

Le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a ouvert la porte à un tel délai, à condition que le déficit soit ramené nettement sous les 3 % fin 2014. La nouvelle trajectoire des finances publiques pour les prochaines années sera dévoilée dans les prochaines semaines par le gouvernement dans le cadre de son programme de stabilité.

La Commission européenne prévoit que le déficit de la France atteindra 3,7 % du PIB fin 2013 puis 3,9 % fin 2014 si aucune nouvelle mesure n'est prise. La dette atteindrait selon elle 93,4 % du PIB fin 2013 et 95 % fin 2014, toujours à législation inchangée. Le déficit public, qui agrège les comptes de l'Etat, des collectivités locales et des administrations de sécurité sociale, s'était établi à 5,3 % du PIB en 2011.

L'an dernier, le taux de prélèvements obligatoires a augmenté de 1,2 point à 44,9 % du PIB, sous l'effet de la hausse des impôts (+ 5,3 %). Les dépenses ont progressé de 2,9 %, après + 2,1 % en 2011 et les recettes ont augmenté de 3,9 %, après + 5,7 % en 2011.

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 29.03.2013

Le déficit public dérape, la dette explose

L'exécutif prépare une nouvelle cure d'austérité pour 2014

Depuis que la France s'est engagée à ramener à l'équilibre ses finances publiques, les années se suivent et se ressemblent : elles sont, du point de vue de la discipline budgétaire, toujours plus redoutables. Les ministres et leur entourage attendent donc, avec un fatalisme teinté de lassitude, la lettre de cadrage de Jean-Marc Ayrault que Matignon devrait leur adresser à la fin de la semaine.

Ce document, le même pour chacun des ministres, précise les orientations qui permettront d'arrêter les grandes lignes du budget triennal 2014-2016 de l'Etat. Il réaffirme la nécessité de respecter la stabilisation en valeur des dépenses de l'Etat sur le périmètre du budget général, hors charges de la dette et des pensions.

"DÉJEUNER TRÈS TENDU"

Pour tenir cette norme de dépenses exigeante, introduite par le gouvernement Fillon, il serait demandé au gouvernement, selon nos informations, de faire des économies nettement supérieures aux deux milliards d'euros du "surgel" de crédits annoncé pour 2013 par le ministre délégué au budget, Jérôme Cahuzac. L'effort d'économies en 2014 pourrait même être de l'ordre de 4 milliards d'euros. Une manière, probablement, de rassurer la Commission européenne sur la détermination française.

L'annonce du surgel de 2013, quelques semaines seulement après le vote du projet de loi de finances, avait pourtant été mal vécue. "Le déjeuner était très tendu, ça a pas mal gueulé. Je pense que c'est pour cela que la question du non-cumul dès 2014 est ressortie, beaucoup disaient : puisqu'il faut faire des économies sur tout, alors laissez-nous au moins faire ce qui ne coûte rien, comme le non-cumul dès 2014", relate un ministre. "Je pense que c'est aussi la raison pour laquelle on en est venu à la question des allocations familiales. S'il faut faire encore plus d'économies, d'accord, mais alors il va falloir s'attaquer aux prestations familiales, car il ne reste plus que cela".

La mise en réserve de deux milliards de crédits supplémentaires, en plus des 6,5 milliards déjà gelés, a été d'autant plus critiquée qu'elle est intervenue après que les responsables des programmes budgétaires ont réparti les crédits. "Bercy a fixé un surgel tout en sachant qu'il serait extraordinairement difficile, voire impossible à respecter. Sauf, bien sûr, à ce que l'Etat recoure de plus en plus au procédé, pas très sain, des reports de charges", observe un conseiller sous couvert d'anonymat.

"ON EST À L'OS"

L'envoi de la lettre de cadrage va ouvrir une nouvelle séquence de la procédure budgétaire. Les cabinets ministériels, voire les ministres eux-mêmes, sont désormais invités à proposer à Bercy des économies, en particulier sur leurs crédits de fonctionnement et d'investissement. Des échanges doivent avoir lieu avec le ministre de l'économie et des finances, Pierre Moscovici, et avec M. Cahuzac. A l'issue de ces discussions, le premier ministre arrêtera les plafonds de crédits et d'emplois pour les années 2014, 2015 et 2016 avant le débat d'orientation des finances publiques prévu au Parlement en juillet.

"On est à l'os", entend-on de tous côtés. "Ce n'est pas le train de vie de l'Etat auquel on touche désormais, c'est aux moyens d'assurer les missions de service public." Forts de cette conviction, les ministères – Bercy compris – voudraient bien que l'on trouve des sources d'économies ailleurs que dans le budget de l'Etat. Peu désireux de tailler dans les crédits réservés aux mesures catégorielles, qui leur permettent de maintenir une certaine paix sociale malgré le gel du point d'indice de la fonction publique, ils lorgnent du côté des dépenses de protection sociale.

Pour l'heure, toutefois, la modernisation de l'action publique (MAP), qui a pris le relais de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et qui se veut plus respectueuse du dialogue social, n'en est encore qu'à ses débuts. Il faudra attendre le Comité interministériel pour la modernisation de l'action publique (Cimape) du mois d'avril pour voir préciser les premières pistes d'économies sur les aides aux entreprises et sur la politique familiale. Au cas où, Bercy a déjà évalué à "2 à 3 milliards" ce que rapporterait, dès la première année, la désindexation des prestations sociale.

Le Monde.fr - Hélène Bekmézian et Claire Guélaud

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