Il faut arrêter la répression au Pays basque

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Il faut arrêter la répression au Pays basque

Depuis plusieurs mois, Herrira (1) avait appelé à une manifestation pour, notamment : le rapprochement des prisonnier-e-s au Pays Basque, la libération des prisonnier-e-s malades, de celles et ceux qui sont « conditionnables » ou qui ont accompli les 2/3 de leur peine, la fin de la persécution des réfugié-e-s politiques basques.

Le premier novembre le gouvernement français livrait à la police espagnole Aurore Martin, porte-parole de Batasuna (parti politique légal en France mais déclaré illégal en Espagne) poursuivie par un mandat d’arrêt européen (MAE) au prétexte d'une prise de parole au nom de Batasuna lors de réunions politiques des deux côtés de la frontière.

Cette arrestation, qui n’a pu avoir lieu sans l’aval du ministre de l’Intérieur et de l’Élysée, quoiqu’ils en disent, a été analysée comme une extradition. Elle a suscité l’indignation de l’ensemble de la classe politique (gauche comme droite) et de tous les élus locaux, PS inclus.

Du jamais vu de ce côté de la frontière

Ce sont donc 15 000 personnes venues des deux côtés de la frontière qui ont défilé sous la pluie, samedi 10 novembre dans les rues de Bayonne.

Derrière les 620 portraits des prisonniers basques (en France et en Espagne) portés par un membre de sa famille, les élu-e-s de tous bords et représentants des partis ont marché derrière la même banderole de tête. Parmi eux : les députées PS Colette Capdevielle et Sylviane Alaux, la sénatrice PS Frédérique Despagnac, Myriam Martin, porte-parole de la GA, Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF dans le 64, Phillipe Poutou porte-parole du NPA, ainsi que des représentants du PG, d’EELV, d’AB, de Batasuna et de la LDH…

L’arrestation d’Aurore Martin a donné à cette manifestation une dimension jamais égalée tant en nombre de manifestants que par la diversité des organisations politiques et associatives qui y appelaient.

Depuis plus d’un an, ETA a déclaré l’arrêt des actions violentes et depuis, aucun signe pour aboutir à la paix en Pays basque n’est venu des gouvernements espagnol et français. Pire la répression n’a cessé d’augmenter pour aboutir à l’extradition d’Aurore Martin.

Que cherche le gouvernement ?

Hollande a renié sa parole de campagne de juillet 2011 où il plaidait « la clémence pour Aurore Martin ». Manuel Valls refuse la moindre discussion tant qu’ETA ne s’est pas dissout. Ils cautionnent ainsi la politique du gouvernement Rajoy qui maintient la répression, les arrestations et des conditions de détention inacceptables des prisonniers basques.

Ce refus d’avancer dans un processus de paix pourtant réclamé depuis plus d’un an après la déclaration d’Aiete (San Sébastien) signée notamment par des personnalités comme Kofi Annan, Gerry Adams, Jonathan Powell, alimente de plus en plus le ressentiment de la population locale.

L’arrêt de la violence par ETA semble plus embarrasser les gouvernements en place que les réjouir. La paix ferait ressortir les questions politiques que pose le peuple basque tant du côté espagnol que français.

Le gouvernement Rajoy aurait à traiter, en plus de la Catalogne, les revendications d’indépendance du Pays basque sud et le gouvernement Ayrault devrait se pencher sur les demandes de statut territorial spécifique pour le Pays basque nord.

Ce n’est pas un hasard si quelques jours avant de remettre Aurore Martin à la police espagnole, Manuel Valls a déclaré qu’il n’y aurait aucune discussion sur un statut spécifique pour le Pays basque dans la prochaine loi de décentralisation, contredisant ainsi totalement sa collègue Maryse Lebranchu, ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l’État.

Ces gouvernements jouent avec le feu, on ne peut pas exiger des solutions politiques et maintenir la répression et le mépris vis-à-vis de toute une population et de sa jeunesse.

Nous devons maintenir la pression en participant massivement aux manifestations et exiger dans un premier temps : la libération immédiate d’Aurore Martin, l’arrêt du MAE, le respect et le rapprochement des prisonniers basques.

La Gauche Anticapitaliste Pays basque continuera sa mobilisation et son investissement avec l’ensemble des forces politiques et sociales qui travaillent à la résolution du conflit et à la prise en compte des aspirations démocratiques de la population du Pays basque.

Martine Mailfert, publié le 12 nov 2012

(1) Herrira (Au pays) : organisation pour le soutien des prisonniers politiques basques

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