Hollande/Ayrault : 5 actes pour un désastre

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Hollande/Ayrault : 5 actes pour un désastre

« I am not dangerous » avait glissé, en substance, à Londres, le candidat Hollande en pleine campagne électorale à une finance internationale attentive. L’engagement est tenu au-delà même des espérances des grandes firmes transnationales et des fonds d’investissement. Rien dans la politique gouvernementale ne viendra remettre en cause les intérêts du capitalisme mondialisé. Bien loin du discours du Bourget du même candidat condamnant la finance, il y a un siècle, en janvier dernier.

Acte 1 : le traité d’union budgétaire

Signé par Sarkozy, le traité européen organisant l’austérité à perpétuité, a été adopté par la majorité politique de François Hollande. Sans qu’aucune ligne n’ait été modifiée et accompagné d’un plan de croissance, une plaisanterie, puisqu’il s’agit pour l’essentiel d’investissements déjà décidés. Au mépris du peu d’engagements pris sur la question pendant la campagne présidentielle : « moi président je renégocierai le traité… »

Acte 2 : l’austérité

Non seulement l’équipe au pouvoir soutient les diktats austéritaires imposés dans des conditions dramatiques aux peuples d’Europe, mais la purge frappe aux portes du pays avec les votes budgétaires et une loi de programmation qui planifie la régression des dépenses publiques pour les cinq prochaines années. Une austérité qui touche la Sécu comme le budget de l'État mais va également continuer à étrangler les collectivités locales comme elle étouffe les hôpitaux publics. Tout n’avait-il pas été annoncé dès le mois de juin dernier lorsque la porte-parole du gouvernement s’était félicitée du vote grec qui avait donné victoire à la droite d’une courte avance face à la coalition de gauche anti-austérité de Syriza ?

Acte 3 : les cadeaux au patronat

Sans attendre Noël, le patronat peut se féliciter de la moisson automnale. Les patrons pigeons ont obtenu en quelques heures de pétition internet de sauver leur plus-value. Bel exemple de ce patronat rentier qui veut en quelques années pouvoir revendre leur entreprise, toucher un bénéfice pour vivre ensuite comme des rentiers. Une aspiration profonde d’une grande partie du patronat français. Le rapport Gallois qui s’est traduit par un cadeau immédiat de 20 milliards d’euros payés par l’ensemble de la population sous la forme de hausse de TVA. Une pression exercée sur les syndicats pour qu’ils cèdent au Medef pour déréglementer le marché du travail et accentuer la flexibilité. Pendant ce temps-là l’austérité ronge le pouvoir d’achat et le chômage explose !

Acte 4 : Notre-Dame-des-Landes ou plutôt… Vinci !

Le projet d’aéroport est un non-sens, on le sait, et un scandale écologique, démocratique. Et un cadeau à une multinationale française, numéro un dans son secteur, Vinci. Les grands équipements coûteux et inutiles ne sont pas des dépenses publiques pour des projets collectifs mais des transferts vers des firmes privées : autoroutes, hôpitaux, construction de lignes à grande vitesse (LGV), plan d’équipement de fibre optique sont ainsi concédés aux intérêts privés. Une logique qui ne peut que s’accentuer… avec l’austérité qui réduit les possibilités d’investissement des pouvoirs publics. Derrière Vinci, voilà EDF qui réclame des dédommagements pour fermer la centrale de Fessenheim ! Et les élus d’EÉLV qui ne parviennent pas à faire adopter une loi interdisant réellement l’exploitation des gaz de schiste… Sous pression de l’industrie pétrolière ?

Acte 5 : Mittal

Tout a été dit sur le cynisme de cette firme multinationale. Sur la démolition organisée de l’emploi dans cette filière. Sur les engagements non tenus. À Sarkozy : Gandrange ; à Hollande : Florange. Continuité des mensonges d'État. Alors même qu’apparaît une note secrète de Bercy montrant que la nationalisation était possible. Mais il fallait choisir les salariés pas les actionnaires. Ce n’est pas le choix de ce gouvernement qui considère que le soutien des marchés financiers et des firmes transnationales est l’alpha et l’oméga de sa politique. Derrière Mittal, combien de plans sociaux, combien d’entreprises qui vont en toute impunité fermer des sites et faire croître le chômage ?

Des dizaines de milliards pour le patronat ; 2,5 milliards contre la pauvreté. 12 euros de plus par mois pour le RSA. Tout est dit !

Comment construire des mobilisations pour stopper cette spirale infernale ? Comment construire une alternative à cette politique qui est tout sauf de gauche ? Telle est notre feuille de route.

Nous aurions souhaité que les parlementaires Front de gauche traduisent cette orientation commune par un vote contre les lois budgétaires. Cela aurait été plus cohérent en désignant plus clairement les dangers de cette politique. Et cela aurait permis d’être dissocié dans l’opinion publique de ses effets.

Mais le Front de gauche vient, lors de son conseil national, de déclarer qu’il s’opposait à cette politique gouvernementale. C’est décisif et extrêmement positif pour lancer des initiatives unitaires de mobilisation et construire une campagne pour une alternative à l’austérité.

La gauche anticapitaliste s’inscrit totalement dans cette logique.

Pierre-François Grond - le 13 déc 2012

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