Hôpital de Montauban : les salariés investissent le CHSCT

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Hôpital de Montauban : les salariés investissent le CHSCT

Le mouvement de protestation continue à l'hôpital de Montauban. Jeudi après-midi, les salariés ont investi la salle dans laquelle se tenait le CHSCT (Comité d'Hygiène , de sécurité et des Conditions de Travail).

Ce mouvement de protestation lancé le 9 août dernier par l'intersyndicale se poursuit.

Les salariés protestent contre certaines décisions de restriction budgétaires prises par la direction de l'hôpital soit deux suppressions de postes administratifs et des diminutions de la durée hebdomadaire des horaires de travail.

Le budget en déficit de 7,5 millions d'euros a été refusé par l'ARS, l'Agence Régionale de Santé.

L'Agence demande à l'hôpital un retour à l'équilibre étalé dans les 24 mois mais ne va pas jusqu'à mettre la direction sous tutelle.

Les dépenses en personnel représentant 70% du budget, la direction n'envisage qu'une seule solution : une réorganisation des services.

Le mouvement de grève continue.

France3.fr - Par Michel Pech - Publié le 29/08/2013

Hôpital de Montauban : les salariés investissent le CHSCT

Montauban. Les hospitaliers haussent le ton

Le courant ne passe décidément pas entre la direction et l’intersyndicale représentant les personnels hospitaliers, en grève illimitée depuis le 10 août. Massivement mobilisés en plein été , lors de la réunion avec l’ARS le 20 août, ces derniers ont été déçus par l’échec des négociations avec le directeur Joaquim Bixquert, qui selon eux n’ont abouti à rien.

Le ton s’est durci hier, au cours de l’assemblée générale, qui a rassemblé près de 400 personnes, qui n’ont pas hésité à s’inviter au CHS-CT avec la direction. Inquiets de la fonte des effectifs et de la régression sociale, amorcée depuis quelques mois, les syndicats revendiquent un retour à l’équilibre: «L’hôpital, c’est nous. Le travail gratuit, c’est non! On est ici et on reste ici. On veut savoir quel est votre projet, entendre des propositions décentes et on vous demande d’ouvrir le dialogue social. Et vous nous baladez. C’est une provocation!» lançait avec colère M. Petitou, secrétaire CGT.

A l’heure où nous bouclions cette édition, l’intersyndicale et les agents hospitaliers campaient encore en salle de réunion avec la direction. «Depuis 15 h 30, les agents se sont succédés pendant leur pause dans la salle, pour s’associer au mouvement de protestation et soutenir leurs représentants. On est déterminé à maintenir la pression et on restera le temps qu’il faudra» déclarait hier Agnès Séguela, porte-parole de l’intersyndicale.

Une assemblée générale est prévue aujourd’hui à 14 heures.

La Dépêche.fr - Gisèle Dos Santos

Hôpital de Montauban : les salariés investissent le CHSCT

Les enjeux de notre lutte

La direction de l’hôpital a présenté à l’ARS un projet du budget prévoyant un déficit prévisible de 7,2 millions d’euros. L’ARS a refusé ce budget et demande à la direction de réaliser un plan de retour à l’équilibre étalé sur deux ans.

Avant d’avoir effectué un réel diagnostic de la situation de l’établissement, tant la direction que l’ARS ne prévoient qu’un seul remède, réduire les dépenses de personnel.

Peu importe pour eux les raisons réelles du déficit (voir tract précédent), ils ont ciblé les dépenses de personnel non médical. Pour eux, il s’agit là du remède exclusif.

Cet été, la direction a voulu prendre des décisions radicales en annonçant qu’elle ne renouvellerait pas les contrats des agents en CDD à leur date d’échéance. Plusieurs chiffres contradictoires ont été évoqués. Bien évidemment ce n’est pas en ne renouvelant pas 10 agents contractuels qu’on va résorber un déficit de 7 millions d’euros. (Nous ne sommes quand même pas payés comme les patrons du CAC 40) .

Le projet de la direction se précise de jour en jour, sa principale, pour ne pas dire exclusive mesure est la remise en cause de l’accord RTT.

Pour les services de soins, il s’agirait de supprimer à chaque agent 9 jours de RTT ce qui porterait la semaine de travail à 37h30. Cela induirait pour les personnels de nuit de travailler en 10 heures pour maintenir un certain temps de transmission. Ils travailleront donc 6 nuits de moins par an que devraient alors effectuer les agents de jour. Le temps de transmission serait réduit de façon significative et serait de 15 et 20 minutes. Pour un service 30 patients cela ferait entre 30 et 40 secondes par malade !!

Pour les administratifs, techniques, médicaux techniques, les agents travailleraient 7 heures par jour soit 225 jours par an au lieu de 203 jours actuellement, soit l’équivalent de quatre semaines de congés en moins. Ceux qui habitent loin, ceux qui doivent faire garder leurs enfants verraient leur pouvoir d’achat amputé d’autant. Ceux qui ont des travaux pénibles n’auraient plus la faculté de récupérer, ce serait pour tous une atteinte inacceptable à notre qualité de vie.

Il faut tout de même noter que la réglementation nationale permet aux directeurs, médecins, personnels d’encadrement de conserver leur 19 RTT.

Pourquoi ce droit légitime serait-il refusé aux autres catégories de personnels ?

Chaque agent travaillerait donc de 9 à 22 jours supplémentaires, ces jours-là ne serviraient pas à compenser la baisse de durée de la journée de travail qui passerait pour les uns de 7h51 à 7h30 et pour les autres de 7H45 à 7 heures. La même quantité de travail serait demandée chaque jour à chacun.

Ces jours de travail en plus, feraient de chacun d’entre nous un volant de remplacement à raison de 9 à 22 jours par an

Chacun comprendra que l’on n’aurait plus besoin dans ces conditions de SICS, ni de marge dans les services de psychiatrie et ce sont donc autant de contractuels qui ne seront pas renouvelés ou de départ à la retraite qui ne seront pas remplacés.

Au bout du compte les salariés de l’hôpital verraient leur charge de travail alourdie ils ne seraient plus que des croix à mettre dans des cases, baladés d’un service à l’autre où le travail perdrait de son sens tandis que seraient laissés sur le chemin de nombreux demandeurs d’emploi.

Le projet de la direction va à contresens de l’histoire, car les progrès des sciences et des techniques ne serviraient plus à améliorer nos conditions d’existence mais à alimenter toujours plus les profits. Quand le MEDEF réclame toujours plus d’allégement de cotisations sociales, quand il est écouté par le gouvernement, cela se traduit par toujours moins de moyens pour les hôpitaux.

Laisser faire la direction, laisser les considérations purement comptables présider à nos destinées, laisser l’ARS dicter la loi du profit, ce serait insulter nos luttes passées et celles menées par nos anciens car c’est nous qui avons acquis ces droits et ce serait mépriser l’avenir de ceux qui vont nous succéder.

Information CGT santé Hôpital de Montauban

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