Gestion du golf: inquiétudes - suite

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Gestion du golf: inquiétudes - suite

Conseil municipal du 15 Avril 2013
Question orale du groupe Montauban Citoyenne – Marie-Claude Bouys
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Cette question est le prolongement de la question orale posée au conseil municipal du 20 mars à laquelle vous n'aviez pas répondu.
D'après nos informations, une récente décision de justice pourrait porter sur les produits des ventes de terrains immobiliers annexés au golf dans le cadre de la délégation de service public accordée à Mr Dezellus. Celui-ci n'aurait pas été en mesure d'honorer en temps voulu la mise en demeure de payer ses créanciers. Pourriez-vous nous préciser le statut exact des terrains réservés à l'opération immobilière censée compenser les investissements de la société Montalba Développement Néopolis ?

Qui les possède en pleine propriété? Quel impact cette décision judiciaire peut-elle avoir sur la SPLA qui avait porté le coût des expropriations, et éventuellement sur les finances de la ville ?

L'actualité judiciaire de Mr Dezellus semble s'accélérer. Quelles seraient les conséquences d'une éventuelle défaillance du titulaire du bail emphytéotique, surtout en cas d'insolvabilité, pour les terrains du golf et pour cette zone immobilière ?

Montauban Citoyenne

Gestion du golf: inquiétudes - suite

Montauban. Le golf de l'Estang dans une grande tourmente financière

Tempête force 5 sur le golf de Montauban qui a ouvert ses greens voilà seulement huit mois. Le promoteur de tout ce projet est confronté à d'importantes dettes après le chantier. La mairie n'exclut pas un dépôt de bilan.

Le temps se gâte véritablement pour Jean-Luc Dezellus… Le promoteur du golf de l'Estang est empêtré dans un bourbier financier. Huit mois à peine après l'ouverture du parcours de 18 trous, de nombreuses entreprises qui ont participé à ce vaste chantier n'ont toujours pas été payées. Et se lassent aujourd'hui d'attendre. La seule société Façon Paysage a ainsi une créance de 700 000 €. D'autres fournisseurs sont également concernés, à l'image d'Yves Bureau, l'architecte du golf, la société Arrosage système… Globalement, ils réclament près de 1, 5 million d'€ de dettes pour un montant global de 3, 5 millions de travaux.

Outre toutes les entreprises confrontées à des impayés, le malaise est également grandissant avec Albert Guiard. Et pour cause. Propriétaire d'un golf de 9 trous à Dinard, cet ancien courtier en assurance a pris, voilà deux ans, 10 % du capital de Montalba Développement, la société qui porte le golf de Montauban. Selon lui, Jean-Luc Dezellus n'a tenu aucun de ses engagements, en particulier pour le versement des intérêts. «Je ne veux pas me laisser faire. Je reste persuadé que ce golf de Montauban reste une belle affaire, mais il faut la faire avec des gens carrés», indique Albert Guiard qui monte donc aujourd'hui au créneau pour préserver ses 400000 € investis dans la société.

Trois solutions à la crise

Face à ces difficultés croissances, «Jean-Luc Dezellus n'a plus les cartes entre ses mains», indique un proche au fait de tout le golf. Dossier qui comprend, on le rappelle, non seulement le parcours de 18 trous mais également la vente de 150 terrains à bâtir autour des greens.

Que peut-il se passer maintenant ? Les rendez-vous se multiplient entre la mairie, le tribunal de commerce et le golf. Trois solutions semblent se dessiner actuellement.

1. L'actionnaire minoritaire de Montalba Développement, Albert Guiard reprend, avec de nouveaux partenaires financiers, le flambeau du golf. Il s'y active et sera d'ailleurs, cette semaine, à Montauban.

2. Un investisseur toulousain appuyé par un pool bancaire lorgne aussi depuis plusieurs mois sur le parcours de Montauban.

3. Le groupe NGF, spécialisé dans la gestion et l'exploitation de parcours de golf (financière Duval), notamment à Toulouse-Seilh, est également sur les rangs.

Du côté de la mairie de Montauban, Brigitte Barèges, maire a laissé entendre, lundi soir, en conseil municipal, qu'«on se dirigeait tout droit vers un dépôt de bilan». Une solution que les créanciers veulent, bien évidemment, éviter à tout prix. Après avoir confié ce projet à Jean-Luc Dezellus, en 2007, la mairie serait-elle en train de le lâcher dans la tempête ? Et que vont en penser les quelque 20 Montalbanais qui ont répondu à l'appel lancé par Jean-Luc Dezellus à l'été 2 011 en prenant des obligations à 20 000 € l'unité ? «Dans toute cette affaire, il y a ce que l'on voit, et ce qu'il y a dessous», glisse un proche du dossier.

M.-C. Bouyssi: «Pas du tout une bonne affaire...»

Marie-Claude Bouyssi (Montauban Citoyenne) a soulevé les difficultés du golf au dernier conseil municipal. «On se demande encore comment Mme Barèges a pu faire confiance à M. Dezellus pour mener à bien tout ce projet. Que va devenir maintenant le bail, une fois qu'il sera en faillitte ? On n'a pas eu toutes les réponses. On se contente de nous dire que ça va être une bonne affaire pour les montalbanais que de se retrouver avec un golf gratis. C'est totalement faux.»

J.-L. Dezellus: «Je reste maître de l'opération»

Le patron de Montalba Développement n'a pas l'intention de quitter le navire du golf. «Le programme immobilier a pris du retard. Du coup, nous n'avons pas pu solder toutes les créances de s travaux du golf. Nous sommes en train de plancher sur un recadrage de l'ensemble du programme. Mais je reste maître de l'opération.» Le promoteur précise qu'il est en contact depuis plus d'un an avec un investisseur immobilier et s'avoue «toujours offensif.» Par ailleurs, Jean-Luc Dezellus n'a pas le sentiment que la mairie est en train de le lâcher. Au contraire même : «Pour l'instant je ne le pense. Ils sont même très impliqués.»

Dernière illustration : la collectivité a prévu de rénover la bâtisse ancienne implantée sur le parcours et destinée à devenir le club-house. Jean-Luc Dezellus compte bien exploiter toute cette future structure d'accueil.

La dépêche.fr - Thierry Dupuy - Publié le 17/04/2013

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