Gaz de schiste? Non merci!!!

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Gaz de schiste? Non merci!!!

Gaz de schiste? Non merci!!

Comme d'habitude les industriels du pétrole nous trouvent de nouvelles méthodes pour tenter d'exploiter les gaz de schistes malgré le refus net de la grande majorité des citoyens, -du moins quand ils sont correctement informés- et malgré les conséquences funestes pour environnement :

- Sondages bidon sur internet ou par téléphone pour nous convaincre que tout le monde soutient l'exploitation des gaz de schiste.

- Staff de communicants (médias compris) travaillant sans cesse pour gagner la bataille (perdue) de l'opinion. On parle de masser, de stimuler la roche au lieu de la fracturer. C'est vrai que cela fait moins peur. La communication est vraiment devenue le cancer de la citoyenneté.

- Recherche de nouvelles techniques, soit disant plus propre, comme celle de l'arc électrique (cf article plus bas). Ils nous avaient garantis que la fracturation hydraulique était propre et sans danger. Les nouvelles techniques seront donc encore plus propres et inoffensives? Vaste blague!

Le capitalisme est une bête féroce, insatiable, prédatrice et carnassière.

Pour les capitalistes, l'Homme, la nature n'ont de sens uniquement quand ils peuvent générer des profits. Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est notre refus d'une société productiviste, extractiviste, une société shootée par une consommation frénétique. Nous ne voulons plus du nucléaire meurtrier, ni des gaz de schiste, ni du tout automobile, ni des lignes grande vitesse (LGV), ni des pesticides, ni des OGM...

Nous voulons encore plus d'humain, plus de lenteur, toujours plus de temps, pour reflechir et débattre des choix de sociétés.

Nous voulons produire pour répondre à des besoins sociaux et non pas répondre à des pulsions incontrôlables. Le capitalisme c'est tout et tout de suite.

Nous devons préparer le futur en faisant preuve de responsabilité, et ne pas nous laisser berner par les promesses distribuées par nos politiques influencés par les lobbies industriels et ceux de l'agro-alimentaire.

Mobilisons-nous. Un autre monde est possible.

S.T le 30 avril 2013

Gaz de schiste? Non merci!!!

Pour s'informer, s'indigner et lutter contre l'exploitation des gaz et huiles de schiste, prenez contact avec le Collectif 82 Non aux gaz de schiste.

Gaz de schiste? Non merci!!!

Quand le gaz de schiste fait trembler la terre

Le 6 novembre 2011, un séisme de magnitude 5,7 frappait la petite ville de Prague, dans l'Oklahoma (Etats-Unis). Le tremblement de terre détruisit une quinzaine d'habitations, fit deux blessés et tordit le ruban d'asphalte d'une quatre-voies. Précédé d'un événement classé au cinquième niveau de l'échelle de Richter et suivi d'environ un millier de répliques de faible intensité, il fut ressenti dans 17 Etats américains. Apparemment sans grand intérêt - ni par son ampleur ni par les dégâts occasionnés -, le séisme de Prague a pourtant un statut un peu particulier. Il a toutes les chances d'avoir été le plus fort sursaut de la croûte terrestre provoqué jusqu'ici, sur le sol américain, par des activités humaines.

Dans une étude publiée mardi 26 mars par la revue Geology, Katie Keranen (université de l'Oklahoma) et ses coauteurs de l'université Columbia à New York ont analysé la séquence d'événements ayant précédé et suivi le séisme. Les auteurs concluent à un lien causal entre l'injection de fluides de fracturation usés dans le sous-sol et la survenue du tremblement de terre. Non loin de Prague, un ancien gisement pétrolier, désormais épuisé, est en effet utilisé depuis plusieurs années comme site d'injection d'eaux souillées issues d'opérations de fracturation hydraulique – la technique d'exploitation du gaz de schiste.

C'est la surpression induite dans la faille dite "de Wilzetta" qui a provoqué la cascade d'événements sismiques. Les géologues notent que la quantité d'eaux usées injectée était faible. Mais la pratique, qui dure depuis plusieurs années, a suffi à déséquilibrer le sous-sol. Ils notent également que "les opérations d'injection se poursuivent et que des tremblements de terre de magnitudes supérieures à 3 continuent de se produire".

ELÉMENTS RADIOACTIFS

La situation en Oklahoma n'est pas isolée. La récente ruée vers les gaz et huiles de schiste produit des quantités importantes d'eaux usées dont il faut bien se débarrasser. Une bonne part du fluide de fracturation (mélange d'eau, de sable et d'adjuvants chimiques) utilisé pour fissurer la roche-réservoir, loin sous la surface, est en effet régurgitée par les puits, après la fracturation de la roche. Ces eaux usées, inutilisables, chargées d'adjuvants chimiques, de métaux lourds ou d'éléments radioactifs présents dans la roche-mère, sont souvent réinjectées dans des vieux puits.

En 2012, au congrès annuel de la Société géologique américaine, l'US Geological Survey (USGS) a présenté des travaux montrant qu'en Oklahoma le nombre annuel de séismes de magnitude supérieure à 3 a été multiplié par 20 entre 2009 et 2011, par rapport au demi-siècle précédent. Selon l'USGS, l'Arkansas, le Texas, l'Ohio et le Colorado, où se déroulent des opérations d'injection ou de fracturation, connaissent une situation comparable.

Le monde.fr - Stéphane Foucart - le 29/03/13

Gaz de schiste? Non merci!!!

L'arc électrique au secours du gaz de schiste ?

Gilles Pijaudier-Cabot appelle cela "une éprouvette". Ce n'est pas une mince flûte de verre, mais un lourd tube de grès, d'une trentaine de centimètres de hauteur sur presque autant de large. "L'éprouvette est remplie d'eau, puis soumise à plusieurs dizaines de bars, afin que l'on se rapproche des pressions énormes rencontrées à plusieurs centaines de mètres sous terre", explique le physicien, directeur du Laboratoire des fluides complexes (CNRS, Total et université de Pau et des pays de l'Adour).

L'"éprouvette" est placée au centre d'une imposante machine et comprimée par un vérin, sous une contrainte mécanique infernale. "Puis l'eau est soumise à plusieurs dizaines de milliers de volts, poursuit le chercheur. Lorsqu'on obtient le claquage électrique à travers l'eau, celle-ci est vaporisée instantanément, ce qui émet une onde de choc."

L'objectif est ensuite d'examiner les modifications de structure de la roche engendrées par cette onde. Il est ainsi possible d'estimer la quantité d'hydrocarbures potentiellement relâchée par l'opération, comme si celle-ci s'était déroulée à quelques kilomètres sous terre, dans l'un de ces gisements non conventionnels : gaz ou huiles de schiste ou encore gaz de réservoirs compacts.

"EN 2006, NOUS AVONS RÉPONDU À UN APPEL D'OFFRES DE TOTAL"

Sur le campus angloy de l'université de Pau, à deux pas de Bayonne, le Laboratoire des fluides complexes (LFC) est, en France, la seule unité de recherche publique-privée à travailler sur une alternative à la fracturation hydraulique : l'arc électrique. "En 2006, nous avons répondu à un appel d'offres de Total, en profitant de la présence sur le campus du seul laboratoire universitaire français capable de reproduire en labo un phénomène comparable à la foudre", raconte Gilles Pijaudier-Cabot.

En théorie, la fracturation par arc électrique a des atouts. "La fracturation hydraulique ouvre de grandes failles dans la roche et nous ne savons presque rien de la manière dont ces failles se propagent dans le milieu hétérogène des argiles souterraines", explique le chercheur.

Au contraire, l'onde de choc créée par un claquage électrique provoque des microfissures dans la roche-réservoir, mais ne la "casse" pas. La quantité d'eau mobilisée serait réduite et il n'y aurait plus de remontée de fluide de fracturation chargé des adjuvants chimiques utilisés et des métaux lourds ou des éléments radioactifs issus des entrailles de la terre. En revanche, l'impact de l'exploitation des gaz de schiste sur les paysages ne serait pas atténué.

"IL NOUS MANQUE UN SITE OÙ MENER DES EXPÉRIMENTATIONS"

Aucun test n'a jamais été mené, en France, en grandeur réelle. Serait-il concluant ? Les chercheurs l'ignorent. "Aujourd'hui, aucune méthode alternative à la fracturation hydraulique n'est pleinement opérationnelle, dit M. Pijaudier-Cabot. Que ce soit en remplaçant l'eau par un autre fluide, comme du propane par exemple, ou en changeant radicalement de méthode comme avec l'arc électrique ou la fracturation par explosifs."

"Il nous manque un site comme celui de Bure où mener des expérimentations scientifiques", déplore Christian La Borderie, directeur du Laboratoire des sciences de l'ingénieur appliquées à la mécanique (Siame), associé au LFC dans ces travaux. "La grande différence avec la situation américaine, précise-t-il, est que le sous-sol français appartient à l'Etat : c'est donc à la recherche publique, non seulement d'évaluer les ressources disponibles, mais aussi d'assurer les meilleures conditions de sécurité dans leur exploitation éventuelle."

"COMPRENDRE l'IMPACT DE L'EXPLOITATION DE CES RESSOURCES"

Les expériences menées par les deux laboratoires n'ont pas pour seul objectif de paver la voie – toujours très incertaine – à l'exploitation des gaz non conventionnels par la technique de l'arc électrique. Le projet ad hoc a d'ailleurs formellement pris fin en 2011, sanctionné par plusieurs prises de brevets. D'autres travaux sont en cours, explique M. Pijaudier-Cabot, afin "de mieux comprendre les impacts de l'exploitation de ces ressources, quelle que soit la technique".

Ici, une machine ronronne et fait tourner une expérience dont l'objectif est d'évaluer les effets de la température sur la diffusion des gaz dans un réservoir. Là, une caméra observe les infinitésimales variations de volume d'un petit fragment de charbon qui absorbe un gaz – c'est-à-dire le piège et le fixe. Ailleurs, ce sont les variations de la porosité d'une roche qui sont mesurées en fonction des contraintes auxquelles elle est soumise.

"Ce sont des données qui sont cruciales lorsqu'on travaille sur l'étanchéité des enceintes de confinement des réacteurs nucléaires, explique M. La Borderie. De même que, par exemple, dans les travaux visant à identifier les formations géologiques dans lesquelles on espère stocker des déchets radioactifs ou du dioxyde de carbone..."

Le monde.fr - Stéphane Foucart - le 27/03/13

Gaz de schiste? Non merci!!!

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