Florange : les métallos désabusés

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Florange : les métallos désabusés

Un comité central d'entreprise doit entériner ce jeudi la mort des hauts de fourneaux de l'usine ArcelorMittal. Une mort programmée qui intervient après une série de rebondissements. A l'automne le gouvernement avait notamment évoqué une nationalisation temporaire, puis un possible repreneur, avant de faire marche arrière. Aujourd'hui, les métallos de Florange sont désabusés, ils ne croient plus en la parole des politiques.

Salarié d'Arcelor Mittal devant les hauts fourneaux en décembre dernier © Maxppp

Cet arrêt définitif des hauts fourneaux n'a rien d'une surprise pour les salariés de Florange. C'est ce qui était prévu dans l'accord signé le 30 novembre dernier entre le gouvernement et ArcelorMittal. Malgré prés de deux ans de lutte et de mobilisation pour la sauvegarde des derniers hauts fourneaux de Lorraine.

Aujourd'hui, les salariés font part de leur amertume. Ils se sentent trahis. "Et même plus que trahis", s'énerve un ancien des hauts fourneaux. Un autre renchérit : "ça me fait mal toutes ses promesses non tenues par un gouvernement de gauche, enfin qui se dit de gauche". Un troisième conclut : "à droite comme à gauche, les politiques, c'est tous des menteurs".

Trop de promesses non tenues

Et si la déception est si grande, c'est qu'à Florange on se souvient trés bien des promesses non tenues. Celles de Nicolas Sarkozy d'abord, qui s’était engagé a maintenir l'acierie voisine de Gandrage, que Mittal a finalement fermé en 2009.

Les métallos n'ont pas oublié non plus que François Hollande (peut-être hanté par l'image de Lionel Jospin avouant à propos d'une fermeture d'usine que l'Etat ne peut pas tout) a fait de Florange LE symbole fort de sa campagne.

Le 24 février dernier, juché sur une camionnette, le candidat socialiste à la présidence était venu dire sa détermination aux salariés. Le chef de l'Etat avait alors promis rapidement une loi sur la reprise des sites rentables. Plusieurs fois repoussée, elle doit finalement être examinée avant l'été.

Sculpture en hommage aux métallos à l'entrée des hauts fourneaux © Radio France Isabelle Chaillou

Ils ne digèrent pas l'hypothèse avortée de la nationalisation

Mais ce que les métallos n'arrivent surtout pas à digérer ce sont les rebondissements de l'automne dernier, cette hypothèse de la nationalisation temporaire, à laquelle les salariés se sont accrochés et que l’exécutif a finalement écarté.

C'est cet espoir déçu que Lionel Burriello, le délégué CGT de Florange ne pardonne pas à Francois Hollande : "C'est lui qui est venu nous voir, c'est lui qui nous a fait espérer. Pour quoi au final ? Un copié collé de la politique de Nicolas Sarkozy. En signant l'accord avec Mittal, Hollande est complice de la fermeture de nos hauts fourneaux".

Le Front national en embuscade

Pour autant, le syndicaliste le répète : ils refusent de verser dans le "tous menteur, tous pourris". Le FN a lui bien saisi le profit qu'il pouvait tirer de l'espoir déçu des "Florange". Un candidat Front National est déjà en lice pour les municipales de l'année prochaine.

Il y a trois semaines, Marion Maréchal Le Pen, la toute jeune député FN du Vaucluse, a fait le déplacement jusqu'en Lorraine pour une opération de tractage au pied des hauts fourneaux. Pas de quoi réjouir Philippe Tarillon, le maire socialiste de Florange, qui tient à dire que François Hollande a toute de même obtenu de vrais concessions de la part de Mittal

"C'est la première fois qu' en fermant une activité, Mittal prend des engagements sur investissements, ça n'est pas ce qu'espérait ceux qui ont mené la lutte, ça n'est pas ce que j'espérais personnellement... mais on ne peut pas conclure à un constat d'échec."

Les engagements de Mittal seront-ils tenus ?

Mittal doit en effet réaliser 180 millions d'euros d'investissement sur 5 ans a Florange, d'ailleurs 55 millions ont deja été validés. Le groupe s'est aussi engagé a mené des recherches sur les nouvelles technologies permettant de produire de l'acier de façon plus écologique.

Ce qui pourrait donner une seconde vie aux hauts fourneaux même si tout cela reste pour l'instant trés hypothétique. Quoiqu'il en soit, Edouard Martin, le delégué CFDT, qui a été le meneur du combat des Florange, entend bien pousser Francois Hollande à veiller au respect de l'accord signé avec Mittal et à, dit-il, "solder le dossier Florange".

Franceinfo.fr - le Jeudi 11 Avril 2013

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