Entourloupe sur la CSG....

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Entourloupe sur la CSG....

De manière à peine déguisée le gouvernement Hollande envisage une hausse de la CSG permettant encore plus d’alléger ce que le patronat appelle les ‘’charges sociales‘’.

Le rapport de la Cour des comptes début juillet 2012 a lancé publiquement l’idée qui existe depuis longtemps dans les cartons du patronat et l’opération ‘’préparation de l’opinion publique ‘’ est engagée.

François Hollande l’a confirmé dans le cadre de la conférence sociale début juillet.

Peu d’idées concrètes en sont sorties mais le passage du discours sur ‘’la nécessité d’une réforme du mode de financement de la protection sociale pour qu’il ne pèse pas seulement sur le travail ‘’ a été droit au cœur de madame Parisot

Ila renouvelé cette idée lors de son interview télévisé en inscrivant cela dans le ‘’débat’’ sur la compétitivité.

Elle rentre en écho avec les propos de Valérie Pecresse sur France-Inter réclamant la baisse du cout du travail et la demande de Louis Gallois d’un allégement de 30 à 50 milliards de cotisations dans le cadre de sa ‘’mission sur la compétitivité des entreprises’’

Car, pour le patronat le cout du travail c’est le salaire net mais aussi le salaire socialisé sous forme de cotisations pour la protection sociale. D’où son combat incessant depuis des années pour obtenir des exonérations et le transfert de la protection sociale vers l’impôt ou les assurances privées et les complémentaires santé.

Pendant longtemps on a ‘’vendu’’ les exonérations pour aider l’emploi.

Aujourd’hui, le patronat lui aussi est décomplexé et le dit crûment : pour améliorer la compétitivité, il faut baisser le coût du travail.

La CSG créé par Rocard en 1990 s’intègre dans cet objectif. Pour justifier le choix de la CSG contre la TVA, les responsables socialistes mettent en avant qu’elle touche tous les revenus y compris les revenus financiers. Dans la réalité, c’est un leurre. Prélevée sur le salaire net, elle est payée en réalité à 85% par les salariés et les retraités par prélèvement direct sur la fiche de paye. Toute augmentation de la CSG se traduit par une baisse du salaire net et des pensions. Surtout, et pour le patronat c’est essentiel, l’augmentation de la CSG n’impacte pas le coût du travail puisqu’elle est inscrite dans la colonne part salariée de la feuille de paye. Son taux n’a pas cessé d’augmenter depuis sa création (1,1%) à aujourd’hui (7,5%). 2 tiers des 15% restants, proviennent de taxes sur les jeux.

Augmenter la CSG pour alléger les ‘’charges sociales’’ revient à prendre sur les salaires et les pensions d’un coté et de l’autre exonérer encore plus le patronat, augmenter les profits des entreprises te les dividendes des actionnaires.

Présenter l’augmentation de la CSG comme une alternative plus juste à la TVA ‘’sociale’’ de Sarkozy est donc une entourloupe : que ce soit à la source sur la fiche de paye ou au moment de la consommation c’est pris sur la masse des salaires et des pensions.

Comme tout cela bien sur ne contribuera pas à régler la question de l’insuffisance des ressources de la sécu cela justifiera de nouvelles baisses de prises en charges et de remboursement et le transfert vers les mutuelles complémentaires et les assurances.

Nos propositions vont à l’opposé : augmentation des salaires et des pensions pour augmenter les recettes de la sécurité sociale, abrogation des franchises et forfaits qui constituent des freins pour l’accès aux soins, interdiction des dépassements d’honoraires, refus de la privatisation et de la commercialisation de la santé et de la protection sociale, non à la hausse de la CSG .

Roland Foret, publié le 17 oct 2012

Entourloupe sur la CSG....

Publié dans economie

Commenter cet article