En Grèce l’extrême droite tue, l’Europe s’y meurt

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

En Grèce l’extrême droite tue, l’Europe s’y meurt

Mardi 17 septembre, après avoir regardé le match entre l’Olympiacos et le PSG dans un café d’une banlieue populaire du Pirée, Pavlos Fyssas, 34 ans, rappeur et militant de gauche, a voulu rentrer chez lui avec sa compagne et ses amis.

Il est tombé dans un guet-apens tendu par une bande de néo-nazis et a reçu deux coups de couteaux fatals. En Grèce, c’est le premier assassinat politique de l’ère austeritaire. Malheureusement il risque de ne pas être le dernier.

Cinq jours avant ce meurtre, des néo-nazis avaient attaqué violemment des militants du parti communiste dans le même quartier. Keratsini est un bastion de la gauche ouvrière que tentent aujourd’hui de pénétrer les porteurs de l’idéologie de la haine.

La mort de Pavlos, connu sous le nom d’artiste Killah P, est l’aboutissement logique d’un engrenage qui a commencé lors des élections de 2012.

L’entrée au Parlement de l’organisation criminelle Aube dorée sur fond de crise économique et sociale a légitimé son discours raciste et fasciste. L’absence de reflexes antifascistes de la population et la tentation extrémiste de certains lui ont permis de s’enraciner.

L’apathie du système politique aux abois, – à l’exception de Syriza et des organisations de gauche radicale – a laissé le champ libre aux gesticulations des députés néo-nazis.

La complicité d’une partie de la police a permis aux bandes criminelles d’agresser, torturer et même tuer impunément des immigrés sans défense. Maintenant ce sont des Grecs qui meurent à cause de leurs convictions politiques.

Or, c’est la stratégie politique du coeur du pouvoir austeritaire qui a permis ce déchainement de violence.

Ce coeur, constitué par le premier cercle du Premier ministre Samaras, par les composantes quasi mafieuse du capitalisme grec et par leurs suppôts dans les médias, semble jouer la carte de la tension.

Voyant que l’impasse de l’austérité radicale ne peut conduire qu’à sa chute, le pouvoir tente de manipuler les néo-nazis pour imposer un régime de la peur.

D’un côté il utilise la théorie de deux extrêmes, renvoyant dos à dos l’opposition de Syriza avec les criminels d’Aube dorée. De l’autre il courtise les électeurs de cette dernière en adoptant une rhétorique et une pratique extrêmement droitières.

Le lendemain même de l’assassinat de Pavlos, Chryssanthos Lazarides, un collaborateur proche du Premier ministre, a déclaré sur la chaine Skai que c’est Syriza avec son discours extrémiste qui a favorisé cette montée du fascisme.

Sur la même chaine il y a à peine quelques jours un éditorialiste influent du bloc austeritaire, Babis Papadimitriou, a expliqué qu’une Aube dorée « sérieuse » aurait sa place au gouvernement.

Le but de ce jeu dangereux est d’isoler Syriza et de terroriser la population afin de récolter les voix des « modérés » et des déçus de l’extrême droite. Il s’agit aussi d’exercer le chantage du chaos envers la Troïka afin de gagner des marges de manoeuvre.

Dès le lendemain de l’assassinat les manifestations antifascistes massives ont été violemment réprimées par la police, à l’aide parfois de membres d’Aube dorée. La tension est palpable dans les rues des plusieurs villes grecques et l’escalade est possible.

Pendant ce temps-là, l’Europe observe de loin un pays en son sein se précipiter

Ephemeron.eu - Publié le 18 Septembre par Niκος Smyrnaios

En Grèce l’extrême droite tue, l’Europe s’y meurt

Communiqué de la GA. Solidarité avec les mobilisations et les antifascistes en Grèce.

Plusieurs milliers de salariéEs de toute la Fonction publique manifestent, aujourd'hui, dans plusieurs villes, contre le plan de restructuration imposée par la troïka (Fonds monétaire international, Union européenne, Banque centrale européenne).

Ce plan prévoit la mise en disponibilité de 12 500 personnes d'ici fin septembre pour atteindre 25 000 fin décembre. Rémunérées à 75% de l'ancien salaire, ces mises en disponibilité précèdent une mutation obligatoire. 4 000 licenciements supplémentaires sont prévus.

Cette nouvelle saignée imposée par les créanciers et les marchés financiers internationaux ont suscité la colère des salariéEs qui, depuis le 16 septembre, avec les enseignants et les personnels des hôpitaux, et pour toute la durée de la semaine, ont décidé de faire grève et de manifester.

Les écoles et les hôpitaux sont sinistrés du fait de la raréfaction des crédits : le droit à l'éducation et à la santé n'existe plus malgré tous les efforts des enseignants et des personnels hospitaliers.

L'association "Médecins sans frontières" considère que la situation sanitaire est très grave et parle même de catastrophe humanitaire. Les malades atteints de cancer, de diabète et troubles cardio-vasculaires ne peuvent plus être suivis.

Les différents plans de restructuration, condition mise par la troïka pour bénéficier d'une aide financière, n'ont entrainé que récession économique, explosion de la dette et du chômage lequel atteint aujourd'hui 28% et 60% pour les jeunes.

Le présidant de la Commission européenne, avec beaucoup de cynisme, déclare apercevoir « de la lumière au bout du tunnel ».

Mais ce que les populations en Grèce vivent c'est la misère et la désolation, le retour de la faim et de la malnutrition.

C'est dans cette situation qu'un rappeur militant antifasciste, Pavlos Fyssas, a été assassiné, la nuit dernière, dans la banlieue d'Athènes, par un nervis qui a déclaré appartenir au parti fasciste Aube dorée.

La Gauche anticapitaliste, membre du Front de gauche, renouvelle sa solidarité avec les salariéEs et la population qui défendent pied à pied leur emploi, leur condition de vie. Il est indispensable de renforcer le travail de solidarité notamment pour donner aux dispensaires sociaux, en Grèce, les moyens de fonctionner.

Elle condamne le lâche assassinat de Pavlos Fyssas et exige du gouvernement d'A. Samaras que des poursuites soient engagées contre le coupable et l'Aube dorée qui sème la haine, et pratique la violence contre les populations immigrées et contre tous les militants antifascistes.

Le 18 septembre 2013.

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