Après le 5, on continue, on lâche rien !

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Après le 5, on continue, on lâche rien !

La journée du 5 mai a été incontestablement un succès. Laissons de côté la polémique stupide et stérile sur le nombre de manifestants. La mobilisation se voyait dans l'occupation de la place de la Bastille et des rues adjacentes, dans le nombre de manifestantEs qui s'étaient déplacéEs, y compris depuis régions les plus éloignées de Paris, et dans la population qui s'était massée le long du parcours de la manifestation. Mais, le plus important sans doute, dans cette mobilisation populaire et dynamique s'exprimaient pèle-mêle à la fois le bonheur de se retrouver un peu plus d'un an après la « première prise de la Bastille » du 18 mars 2012, la colère et le ras-le-bol face aux politiques actuellement menées par le pouvoir socialiste, et l'envie de « reprendre la rue ».

Dans le contexte actuel de crise aiguë, à tous les niveaux, économique, social, écologique et politique, l'exaspération est à son comble au sein d'une partie non négligeable de la population. Chez ceux et celles qui souffrent le plus de la crise du capitalisme et à qui on demande de faire toujours plus de sacrifices quand on ne leur reproche pas d'être « trop coûteux » (les chômeurs, les précaires, les fonctionnaires...) ou de ne pas « consentir » aux efforts nécessaires à la « compétitivité des entreprises » (salariéEs dans l'industrie automobile par exemple à qui le patronat impose comme chez Renault, flexibilité du travail et baisse des salaires).

Pas étonnant que se soient retrouvéEs dans le cortège du 5 mai de nombreux salariéEs des entreprises ayant marqué l'actualité ces derniers mois par leur lutte contre les licenciements.

La réussite d'une telle mobilisation est à chercher directement dans les choix opérés par le gouvernement socialiste, des choix politiques tournés vers la satisfaction des intérêts du patronat : l'adoption sous forme de loi de l'Accord national interprofessionnel (ANI), le refus de voter la loi d'amnistie (même édulcorée) pour les militantEs syndicalistes prouvent, si c'était encore nécessaire, qu'en aucune façon, ce pouvoir socialiste ne se préoccupe du monde du travail. En réalité l'orientation suivie révèle purement et simplement la mue libérale qu'ont effectuée les dirigeants socialistes. Ce n'est pas sans inquiéter une partie de la gauche socialiste et écologiste. C'est pourquoi certains se sont retrouvés dans la manifestation de dimanche dernier comme Eva Joly qui a pris la parole à cette occasion. La rupture entre le peuple de gauche qui avait voté Hollande pour chasser Sarkozy est sans doute en partie consommée. Mais prenons garde car la déception et la colère dépassent largement ces électeurs et électrices là, et c'est encore une fois l'extrême droite qui peut en bénéficier. Même s'il faut être prudent avec les sondages, les derniers semblent confirmer que le discours démagogique, simpliste, enrobé d'un discours très social de Marine Le Pen et du Front national, portent leurs fruits au sein d'un électorat populaire laissé pour compte et déboussolé.

Les responsabilités du Front de gauche sont donc énormes. Et l'initiative du 5 mai dernier n'en était que plus nécessaire. Car il n'était plus acceptable et tolérable de laisser la rue à la droite et à l'extrême droite mobilisées depuis plusieurs semaines contre le mariage pour toutes et tous.

Face à un PS de plus en plus discrédité (c'est le régime de la Ve République lui-même qui est disqualifié après l'affaire Cahuzac), face à une droite agressive et revancharde, il faut que le Front de gauche reprenne la main, démontre son utilité dans la période, s'impose comme l'alternative de gauche au PS. L'articulation des revendications, « pour la VIe République, contre l'austérité et la finance » permet de répondre au caractère multidimensionnel de la crise. Mais il ne faut surtout pas en rester là. Le Front de gauche doit démontrer dans les semaines à venir sa capacité à occuper à nouveau la rue, grâce à cette première initiative réussie.

C'est le sens donné aux mobilisations décentralisées des 1er et 2 juin prochains, dans les départements et les régions.

On peut aussi imaginer que la dynamique relancée par ce grand rassemblement donnera plus de poids, de visibilité aux initiatives des 14 et 16 mai devant l'Assemblée au moment du vote sur l'amnistie, initiatives auxquelles participera le Fdg.

Les assises du 16 juin, proposées par le Fdg à tous ceux et toutes celles prêtEs à s'engager dans un débat sur les politiques alternatives à l'austérité et sur la VIe République, constituent aussi un moment très important qu'il faut réussir, car elles seront l'occasion de poursuivre le travail de conviction autour de la nécessité d'un projet alternatif de société, travail de conviction en direction des organisations comme le NPA, des courants socialistes et écologistes de gauche, des acteurs et actrices et des militantEs du mouvement social et syndical .

Le travail ne fait donc que commencer.

Myriam Martin, animatrice à la Gauche anticapitaliste

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