Gasland ce soir sur ARTE

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Gasland ce soir sur ARTE

Quand l'eau du robinet s'enflamme...

Dans ce réquisitoire - façon Michael Moore - contre l'exploitation du gaz de schiste aux États-Unis, Josh Fox dépeint une réalité cauchemardesque avec les armes de l'ironie.
Film indispensable et enquête passionnante : "Gasland" est le rouage qui grince, le grain de sable qui pourrait gripper la nouvelle « cosmopompe » de l'industrie gazière et nous sauver d'une catastrophe écologique provoquée par l'extraction des gaz de schiste.

GASLAND ce mardi 12 aout à 20h50 sur ARTE.

Lire aussi notre article "EDF-veut-importer-du-gaz-de-schiste"

Gasland ce soir sur ARTE

Gaz de schiste : la controverse d'une ressource

Nouvel or noir du 21ème siècle ou ressource nocive pour l'environnement ? Des États-Unis à la Pologne, alors que de nouveaux gisements de gaz de schiste sont régulièrement découverts, la ressource crée la polémique, au confluent des préoccupations géopolitiques et environnementales. Entre désir d'autonomie énergétique et craintes de dommages environnementaux incontrôlés, dans la plupart des pays occidentaux, l'heure est à l'interrogation quant aux potentialités qu'offrent cette ressource.

Le gaz de schiste en Europe

Le gaz de schiste, décrié pour sa nocivité, ne serait probablement pas rentable. C’est en tout cas ce que soutient pour Libération Thomas Spencer, coauteur d’une étude sur les hydrocarbures et membre de l’Institut du développement durable et des relations internationales de Paris. Le gaz de schiste ne constituerait finalement pas un « miracle économique ». Plusieurs concessionnaires pétroliers installés à proximité de gisements européens ont d’ailleurs déjà plié bagages, faute de rendements suffisants. C’est notamment le cas de l’américain Marathon Oil, qui, à défaut d’hydrocarbures, a quitté Pietrzyk en Pologne, ou de Total qui a cessé son activité à Chelm.

L’absence d’intérêt économique peut donc conduire les groupes industriels à jeter l’éponge ; la colère des riverains aussi. Ainsi, le mouvement Occupy Chevron mené par les habitants du village de Zurawlow à l’est de la Pologne a fait céder le géant pétrolier américain venu y effectuer des forages. Barrant le passage à l’entreprise en plantant des tentes à quelques mètres de son lieu d’installation, les paysans impliqués ont maintenu leurs positions malgré les pressions politiques et juridiques. Ce combat, soutenu par plusieurs députés européens et raconté par le cinéaste Lech Kowalski dans son film La malédiction du gaz de Schiste, aura duré près de 400 jours pour s’achever par le départ de la firme le 7 juillet dernier. Les paysans en lutte contre Chevron craignaient la pollution des nappes phréatiques par la fracturation hydraulique, malgré l’avis du gouvernement polonais.

La Pologne, très engagée en faveur du fracking, n’est pourtant pas le seul pays européen à s’intéresser au gaz de schiste. En Europe de manière générale, la question est encore débattue. L’Allemagne, à la recherche de son indépendance énergétique, envisage depuis le mois de juin 2014 l’exploitation du gaz de schiste de façon encadrée. Le Royaume-Uni, pays qui soutient avec la Pologne l’exploitation de ressources non-conventionnelles, vient d’interdire l’extraction de gaz de schiste dans les parcs nationaux, mais les exceptions existent, et les inquiétudes sont fortes. En Roumanie, Chevron a commencé en mai dernier l’exploration des gaz de schiste dans la région de Pungesti, malgré de très vives réactions locales. En France, si la fracturation hydraulique est bien interdite, le gaz de schiste n’est pas laissé de côté pour autant : deux think tanks, Terra Nova et l’Institut Montaigne, viennent de publier chacun un rapport revenant sur la question. En outre, EDF aurait récemment signé un accord pour importer du gaz de schiste américain. A la recherche d’alternatives, un groupe de chercheurs sous l’égide du CNRS planchent sur l’extraction du gaz de charbon, le fameux grisou des mines lorraines.

Depuis la sortie du documentaire Gasland de John Fox en 2010, le débat au sujet de l'extraction par fracking n'agite plus seulement les Etats-Unis, mais bien toute l'Europe, et particulièrement l'Allemagne. Le documentaire a lui-même fait l'objet d'importantes critiques. Les réflexions menées depuis lors sur le gaz de schiste ont conduit à de nouvelles conclusions. Enjeu de taille, le gaz de schiste ne connaît aujourd'hui pas de législation uniforme en Europe. Espoir pour les uns, inquiétude pour les autres, le sujet divise toujours autant. Les riverains directement concernés par le fracking sont les premiers à se mobiliser. Le 11 octobre prochain aura lieu la Journée mondiale contre le fracking, rassemblant des citoyens du monde entier contre l’utilisation du gaz de schiste.

Léa Spegt - Dernière mise à jour: 08 Août 2014

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