Manifestation interdite : à Gaza, c’est l’Humanité qu’on assassine, en France c'est la liberté d'expression que l'on bâillonne !

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Manifestation interdite : à Gaza, c’est l’Humanité qu’on assassine, en France c'est la liberté d'expression que l'on bâillonne !

Alors que la Préfecture de police de Paris maintient l'interdiction de la manifestation de soutien au peuple palestinien, prévue ce samedi, à l'initiative de plusieurs associations et partis politiques de gauche, retour sur le rassemblement pacifique qui s'est tenu mercredi soir sur l’esplanade des Invalides, à l’appel du Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens.

A deux pas du ministère des Affaires étrangères et de l'Assemblée nationale, un important dispositif policier a été déployé. Démesuré, au vu de l'ambiance fraternelle qui règne sur l'esplanade. Les drapeaux du Front de Gauche, du NPA et d’autres partis de gauche se mélangent aux t-shirts verts « Boycott Israël » et aux autocollants de l’Association France Palestine solidarité. Les manifestants chantent « Israël Assassin ! Obama Hollande complices ! », « Enfants de Gaza, enfants de Palestine, c’est l’Humanité qu’on assassine ».

Les partis politiques, syndicats et associations membres du collectif sont venus réclamer l’arrêt immédiat des bombardements sur Gaza et la fin de « l’agression israélienne » en Cisjordanie et à Jérusalem. Il s’agit aussi de dénoncer « cette passivité coupable de nos gouvernants et obtenir des actions concrètes de la France auprès du pouvoir israélien et du Conseil de sécurité » de l’Onu.

Le collectif appelle à soutenir le gouvernement palestinien d’entente nationale, dirigé par Mahmoud Abbas, et exige « des sanctions immédiates contre Israël jusqu’au respect du droit international », en particulier « la levée du blocus, illégal et criminel, de Gaza ».

Ni slogan ni mot d’ordre antisémite

Les gens discutent par petits groupes. Des militants de l’Union juive française pour la paix (UJFP) fustigent le traitement médiatique de la dernière manifestation. « J’ai fait la manif de Barbès à Chemin vert, elle était particulièrement pacifique et je n’ai pas entendu un seul slogan, un seul mot d’ordre antisémite », témoigne Pessi, qui milite depuis 2009 et l’opération « Plomb durci ». Noëlle a elle aussi défilé derrière la banderole de l’association : « On a été remercié quinze fois, vingt fois d’être là. Les gens venaient nous prendre en photo, nous embrasser. »

Depuis lundi, la vice-présidente de l’UJFP, Michèle Sibony, multiplie les tribunes et les interviews pour donner sa version des faits. Elle raconte notamment comment les provocateurs de la Ligue de défense juive (LDJ) « protégés et aidés par la police, ont entraîné à coups d'insultes et de fumigènes un petit groupe de manifestants excédés vers la synagogue » de la rue de la Roquette. « Un piège qui a permis, écrit Michèle Sibony, de ne pas parler de Gaza. » « C’est une guerre de gamins, ajoute Noëlle. Nous, on est là pour dire qu’on ne veut plus de massacres en Palestine. »

Les kippas se mêlent aux kéfiés

Membre du parti israélien Balad, Yaël Lerer vit en France. Cette éditrice israélienne est venue aux Invalides parce qu’elle refuse « le soutien automatique » des Etats européens et des Etats-Unis à Israël. « Il y a une complicité des médias aussi. On nous présente toujours les deux camps [Israël contre le Hamas, NDLR] comme étant égaux. Mais il ne s’agit pas du tout de la même violence. Et on ne parle jamais de « colonisation » alors que la situation est très claire. Cette complicité atroce, horrible, entre les médias et les gouvernements européens aide seulement le conflit. Personnellement, je n’ai pas envie d’avoir un futur de conflit permanent. Il n’y a que deux solutions possibles : les deux peuples vivront ensemble ou ils mourront ensemble. »

Tout autour, les kippas se mêlent aux kéfiés. Les débats sont souvent passionnés, parfois houleux. Deux femmes se font face, l’une a les cheveux gris, l’autre est voilée. Au milieu de la foule, impossible d’entendre les mots que les deux inconnues échangent discrètement en se tenant les mains. Seule transparaît leur émotion. Le temps semble s’être arrêté alors que des larmes roulent sur les joues de la plus jeune.

Après plusieurs prises de parole, le rassemblement se disperse dans le calme. Seul « incident » : un homme qui se présente comme journaliste est « sorti » par la police après avoir vertement insulté un jeune homme qui refusait d’être pris en photo.

Une nouvelle manifestation de soutien à la Palestine était prévue samedi 19 juillet à 15 heures, au départ de Barbès. La Préfecture de police de Paris vient de décider son interdiction, officiellement motivée « au vu des risques graves de troubles à l’ordre public ». Une atteinte à la liberté d'expression qui pourrait bien, au contraire, jeter de l'huile sur le feu.

Les organisateurs ont annoncé qu'ils ont déposé ce vendredi « un référé liberté » devant le tribunal administratif.

Les associations organisatrices de la manifestation de soutien à Gaza prévue le 19 juillet ont fait part aux autorités de leur intention de maintenir le rassemblement malgré l’interdiction envisagée par la Préfecture de police de Paris (PP).

Le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), la General Union of Palestine Students (GUPS), le Parti des indigènes de la République (PIR), l’Union juive française pour la paix (UJFP) et la Fédération tunisienne pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) ont été entendus par la PP et ont rappelé « leur volonté de maintenir la manifestation » et « leur disposition à trouver une solution concrète permettant de respecter leur droit fondamental à manifester et le souci légitime d'éviter les risques de troubles à l'ordre public », selon un communiqué diffusé à l’issue de la rencontre avec les autorités.

L'Humanité.fr - Henri Le Roux - Jeudi, 17 Juillet, 2014

Manifestation interdite : à Gaza, c’est l’Humanité qu’on assassine, en France c'est la liberté d'expression que l'on bâillonne !

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