Gueule de bois ?

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Gueule de bois ?

Plus de la moitié des électeurs se sont abstenus lors du scrutin des européennes. Il n'est sans doute pas juste de dire que le Front de gauche représente 3 électeurs sur 100 ou le FN 12 électeurs sur 100, mais il n'est pas juste non plus de penser que cette photo de l'électorat sortie des urnes dimanche dernier correspond à celle de l'ensemble de la société française.

Il n'y a pas 25 % de personnes racistes xénophobes en attente d'un chef censé sauver la France. Il n'y a pas seulement 6 % de personnes critiques de la politique gouvernementale et porteuses de valeurs anti-capitalistes.

Il y a cependant 60 % d'électeurs qui considèrent que ce n'est pas utile d'aller voter. Il est temps de prendre ce problème à bras le corps.

Nous n'assistons pas à un séisme dans un ciel serein. Depuis le 21 avril 2002 nous disons que l'alternance entre l'UMP et le Parti socialiste risque d'être troublée par l'extrême-droite. Les signes n'ont pas manqué de nous alerter aux précédents scrutins. Nous sommes au bout d'un processus qui bouleverse le schéma du bipartisme. Le problème, c´est que ce n'est pas le Front de gauche qui bouscule l'alternance, comme Syrisa en Grèce. Le Front de gauche ne recueille pas les fruits de ce qu'il a semé à l'élection présidentielle.

Par contre, en changeant profondément son discours, en empruntant à la gauche des thèmes qui lui sont chers, en affirmant une position de rupture franche par rapport à l'Union européenne, le FN a remporté la mise.

On peut toujours se rassurer en se disant que si nous étions sortis plus unis de la séquence municipale ou si nous avions préparé plus en amont cette campagne des européennes, nous aurions fait un meilleur score. Le problème est plus profond et ne se limite pas à une question d'alliance ou de timing de campagne.

Gagner du pouvoir sur nos vies ne peut passer uniquement par les urnes. Il faut porter des propositions plus subversives en matière de démocratie et travailler notre vision émancipatrice de transformation de la société. Au boulot !

Sylvie Larue, le 30 mai 2014. Publié sur le site de Cerises.

Gueule de bois ?

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