Nutribio : sept militants CGT menacés de licenciement après une occupation d’usine

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Nutribio : sept militants CGT menacés de licenciement après une occupation d’usine

A Montauban, les salariés de Nutribio ont occupé leur usine pour peser sur les négociations salariales. Sept militants CGT sont dans le collimateur de la direction. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, se rendra mardi à 16 heures sur le site Nutribio pour soutenir les "Sept de Montauban".

Toulouse, correspondance. L’événement avait provoqué un tollé à Montauban : dans la nuit du 4 au 5 avril les CRS délogent les salariés de Nutribio qui occupent leur entreprise depuis le 27 mars. Avant d’atteindre une telle ampleur, ce conflit social prend naissance sur un désaccord salarial : la direction nationale propose, dans un premier temps, une augmentation mensuelle de 17 euros par salarié, alors que la CGT revendique une hausse de 30 euros, comme l’an passé. Pour faire aboutir cette demande, le syndicat et le personnel décident d’une grève avec occupation jour et nuit des locaux.

L’intervention des CRS met fin à cette action… mais pas au conflit social. Le 12 mai au petit matin, sept syndicalistes CGT, dont trois élus du personnel, reçoivent par voie d’huissier une convocation de la direction pour « un entretien préalable en vue d’un éventuel licenciement pour faute lourde ». Les sept militants sont convoqués aujourd’hui mardi 20 mai.

Le site Nutribio de Montauban (quatre vingt seize salariés) produit du lait en poudre pour nourrissons. Le conditionnement s’effectue à Doullens (deux cent cinquante salariés), dans la Somme, tandis que le siège administratif est établi à Paris, tour Montparnasse. Nutribio est une filiale du grand groupe coopératif Sodiaal, tout comme Régilait, Yoplait, Candia… Les négociations annuelles obligatoires (NAO) ne donnent pas satisfaction à la CGT, seul syndicat présent à l’usine de Montauban, où le conflit se durcit le 27 mars. Neuf citernes de lait restent aux portes de l’entreprise. Jusqu’à l’irruption des CRS, dépêchés par le préfet.

« C’est de la répression syndicale », accuse Fabien Lemaire, un des sept militants CGT menacés de licenciement. La direction cherche-t-elle à décapiter une organisation syndicale très active à Montauban ? Nourrit-elle une vengeance après l’occupation de l’usine ? « Pas du tout, répond Jean-Baptiste Froville, porte-parole de la direction. Je savais que les trois élus du personnel étaient syndiqués à la CGT, je l’ignorais pour les quatre autres. Ces sept salariés ne sont pas convoqués pour avoir fait grève mais pour être les principaux responsables du blocage de l’usine. C’est un acte illégal qui a mis le site en péril économique. Nous avons perdu 700 000 euros en dix jours. » Pourquoi alors n’avoir pas satisfait les revendications salariales, ce qui aurait été moins coûteux pour l’entreprise. ? « Nutribio est une PME et n’a pas le volant financier pour de telles augmentations salariales », répond Jean-Baptiste Froville. Pourtant, selon Fabien Lemaire, le dernier exercice a dégagé un excédent dépassant les 600 000 euros. Quant au groupe Sodiaal, il réalise 5 milliards de chiffre d’affaires.

Le porte-parole de Nutribio considère que « la CGT est sortie du cadre des NAO » : le 31 mars, les organisations FO et CFTC, implantées sur le site de Doullens, ont signé un accord pour une augmentation de 23 euros, soit +1,2%. Jean-Baptiste Froville souligne que la visite nocturne des CRS est intervenue après deux ordonnances du tribunal de grande instance de Montauban. Il admet que le préfet a agi « en concertation » avec la direction.

A ce jour, les sept militants CGT sont mis à pied et ne peuvent accéder à leur poste de travail. Les menaces de licenciement à leur encontre suscitent une vive émotion à Montauban. Pour les soutenir, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, se rendra aujourd’hui mardi à 16 heures sur le site Nutribio. L’affaire des « sept de Montauban » ne fait que commencer.

www.humanite.fr - Bruno Vincens, le 19 Mai, 2014

Nutribio : sept militants CGT menacés de licenciement après une occupation d’usine

Montauban. Sept salariés de Nutribio menacés de licenciement

Le 27 mars dernier, 45 salariés de Nutribio, sous la bannière de la CGT se mettaient en grève et bloquaient l'accès de l'usine. Onze jours plus tard, les grévistes reprenaient le chemin de l'usine, sans avoir obtenu gain de cause. Depuis, la vie avait repris son cours à l'usine et le conflit semblait être apaisé, mais la direction décidait de remettre de l'huile sur le feu, le 12 mai, en mettant à pied à titre conservatoire, 7 salariés de Nutribio.

Hier, Aurore, Fabien, Philippe, Jérôme, Christophe, Julien et Evguenii étaient donc convoqués par la direction pour un entretien préalable à un licenciement pour faute grave. Un coup bas et une mesure jugée injuste par les salariés concernés, (quatre syndiqués et trois élus CGT) et par l'ensemble des salariés grévistes, qui condamnent la procédure employée par Nutribio et dénoncent la régression sociale.

Dès le matin, à l'appel de l'UDCGT 82, de nombreux sympathisants de tous bords sont venus les soutenir et dire halte à la répression. «Les syndicalistes ne sont pas des voyous. La direction essaie d'affaiblir ceux qui résistent et remet en cause l'ensemble des acquis sociaux» martelait la secrétaire départementale de la CGT, Lina De Santi.

Nous sommes considérés comme des hors-la-loi

Menée tambour battant par la direction, à raison de quelques minutes, chaque entrevue ressemblait à une mascarade. «Aujourd'hui, on a été entendu dans le cadre de la procédure pour faute grave. Nous sommes considérés comme des hors-la-loi pour avoir bloqué le site. Un mois et demi après les faits, on est considéré comme dangereux. Pour ma part, je suis fier d'avoir mené ce combat. On espère que la direction va revenir sur ces sanctions injustes. Pourquoi seulement 7 alors que nous étions 45 grévistes ?» déclarait à l'issue des entretiens Fabien Lemaire délégué CGT, le premier à avoir été entendu hier matin.

Pierre Laurent et Jean-Luc Bindel en soutien

Présents sur le site de Nutribio, Jean-Luc Bindel, secrétaire général de la fédération CGT de l'agroalimentaire et Pierre Laurent secrétaire national du PCF déplorent la multiplication de ces actes de répression : «Le patronat se croit tout permis et aujourd'hui, tous ceux qui résistent sont sanctionnés. La CGT a demandé une loi d'amnistie pour tous les militants, mais le patronat a l'oreille bienveillante du gouvernement» commentait Jean-Luc Bindel.

Des propos repris par Pierre Laurent : «Ce qui arrive est scandaleux. Le patronat cherche à criminaliser le combat syndical. Le monde du travail doit appeler à la solidarité et garder la tête haute.»

Jeudi à 14 heures, les trois salariés élus seront entendus par le CE qui donnera un avis. L'attente pourrait être plus longue pour les quatre autres.

La depeche.fr - Gisèle Dos Santos - le 21 mai 2014

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