Turpitudes et turbulences

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Turpitudes et turbulences
La droite avouant ses turpitudes
Que pensez-vous qu'il arriva ?
Ce fut la gauche qui tomba
en totale décrépitude...

La situation pourrait prêter à rire. Comment 3 ministres du gouvernement socialiste, et le Président soi-même, peuvent-ils se retrouver en difficulté alors que c'est la droite qui est éclaboussée par un grand déballage de linge sale ?

Est-ce le résultat d'une gauche qui n'a de gauche que sa grande maladresse et d'une droite remarquablement adroite ?

Même s'il y a un peu de cela, c'est de bien autre chose qu'il est question. Disons : le système ! Un système qui impose à tous ses règles et ses pièges.

Non pas le prétendu « système UMPS » de la dénonciation duquel Marine Le Pen fait ses choux gras en alimentant la rubrique du « tous pourris ! ». Il ne s'agit alors que de s'intéresser à la pellicule des phénomènes pour afficher la posture disgracieuse du moraliste indigné et colérique.

Le système qui rend fonctionnels au capitalisme contemporain et à certaines particularités françaises les mécanismes antidémocratiques de la Ve République. Dans une récente tribune du Monde, Alain Garrigou est allé à l'essentiel en expliquant : « Au bout de quelques décennies [il est en effet pertinent d'aller à la souce des problèmes : l'élection du Président au suffrage universel], le cynisme ordinaire a conduit à utiliser tous le moyens pour gagner, à commencer par l'argent, et tous les moyens pour faire perdre, à commencer par les scandales ».

Dès lors que PS et UMP se sont progressivement identifiés au jeu imposé par ces institutions – dont la clé de voûte est bien l'élection présidentielle –, ils se voient, pour en partager les délices, soumis aux mêmes contraintes et emportés par le mêmes dérives.

L’erreur de l'équipe gouvernementale - avec, derrière les ministres mis en première ligne, ses multiples conseillers et communicants divers -, fut de prétendre (et peut-être de croire) s'en être libérée. Afficher une normalité opposée à la fébrilité sarkozyste, c'est escamoter ces décennies de participation partagée à ce qu'on dit être la politique, mais celle permise par ce système. « Nous ne sommes pas comme eux, disent-ils. Nous n'interférons en rien dans le travail des juges, nous ne nous intéressons pas aux écoutes téléphoniques, car toutes ces pratiques anciennes nous sont étrangères... » Et de se voir pris en flagrant délit de mensonge, puisqu'il ne peut en être ainsi compte tenu des pratiques ancrées au plus profond du système.

Alors le piège se referme : celui-là a menti, mais celui-ci aussi ! Et s'applique la redoutable maxime : l'un a volé un bœuf, et l'autre un œuf, donc les 2 sont des voleurs. Bonjour les dégâts !

Le rappel à l'ordre est sévère qui confirme l’impérieuse urgence d'une rupture démocratique radicale. Faute d'un autre fonctionnement de la vie politique, se dessineraient une destruction des partis politiques comme acteurs de la démocratie, et donc une encore plus dangereuse menace... Une rupture pour permettre au peuple la prise en ses mains des manettes du pouvoir, seule garantie d'un possible contrôle des manœuvres.

Francis Sitel

Turpitudes et turbulences

Publié dans democratie, sarkozy, Le pen

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