Solidarité avec le peuple ukrainien !

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Solidarité avec le peuple ukrainien !

Une fois encore, les mobilisations populaires ont conduit à la destitution d’un dirigeant, oligarque richissime et honni, Viktor Ianoukovitch. Les événements se sont enchaînés comme conduits par un gigantesque et implacable engrenage, désormais « classique ». Le même scénario a dominé les révolutions arabes en Egypte ou en Tunisie pour ne citer qu’elles. Mais l’Ukraine est dans le champ de domination de la Russie de Poutine. Ce qui représente aujourd’hui la menace concrète d’une intervention militaire musclée.

Les peuples contre l’autocratie

Le « putsch » commence de fait le 21 novembre 2013, quand, de manière unilatérale, le président Ukrainien Viktor Ianoukovitch, décide de rompre les négociations en cours et déclare que l’Ukraine ne signera pas l’accord d’association avec l’Union Européenne. Pour une partie de la population, un tel revirement a une signification claire : l’Ukraine décide de retomber dans la sphère d’influence de la Russie et nombre d’observateurs voient à juste titre la patte de Poutine sur cette décision. Au-delà même des espoirs mis dans le rapprochement avec l’UE, c’est à la fois le caractère anti-démocratique de la décision et l’opposition résolue à tout retour au cadre contraignant des alliances à l’est, qui sont les raisons fondamentales d’une mobilisation qui commence alors à occuper la grande place Maidan.

Ces occupations de rue (de places plutôt) deviennent aussi des marques de fabriques des soulèvements populaires du 21ème siècle. Elles révèlent toujours la profondeur d’une mobilisation, capable de trouver des relais quotidiens pour ne pas lâcher la rue, des formes d’organisation pour assurer nourriture, couchage et infrastructures. Elles sont toujours amplifiées et relayées par les réseaux sociaux et deviennent de ce fait, bien avant que les médias ne s’emparent des images, des symboles forts de la Résistance.

La répression élargit la mobilisation

La répression radicale du 29 novembre, quand la police charge violemment des manifestants alors pacifistes, conduit là aussi classiquement parce que la mobilisation apparait légitime et pacifiste, à un élargissement considérable de l’occupation de rue. Au-delà des couches modernes et jeunes, plutôt pro-européennes, surtout à l’ouest de l’Ukraine et singulièrement à Kiev, les laissés pour compte du système mafieux Ukrainien, rejoignent la mobilisation qui s’installe et se fixe durablement, créant une pression permanente sur un gouvernement alors fragilisé mais sourd à toutes les revendications de son propre peuple. Corruption de l’état, enrichissement personnel des dirigeants, sont les caractéristiques d’un pays où les inégalités sociales sont très fortes et où les salaires sont bas, le chômage élevé et les conditions de vie misérables pour une bonne partie de la population.

Il n’y a guère qu’à l’est de l’Ukraine, en Crimée notamment – devenue essentiellement russophone suite aux déportations des Tatars de Crimée vers l’Asie centrale sous Staline- que l’on trouve des populations inquiètes du sens des mobilisations. Dans les grandes villes de l'Est (Donetsk et Kharkiv en particulier), des manifestations pro-russe ont rassemblé des milliers de personnes, les banderoles proclamant comme en Crimée "fascistes, vous ne prendrez pas cette ville, nous sommes la Russie", manifestations conservatrices, largement soutenues, plébiscitées par la Russie voisine, et que la propagande popularise à grande échelle comme pour justifier une intervention, à l'appel des "masses menacées".

Dans le reste de l’Ukraine, la plupart des régions ont épousé le parti de la lutte contre les tyrannies d’un pouvoir corrompu.

Alors que la rue demandait la démission du gouvernement, refusant tous les compromis ou demi-mesures proposées par l’opposition ou suggérés par l’UE elle-même, la répression a franchi un pas supplémentaire : police tirant à balles réelles sur les manifestants, plus de 80 morts, une semaine sanglante qui a conduit à la destitution du Président par son propre Parlement. Les émissaires de l’UE ont vainement tenté de trouver une solution qui le ménagerait. La rue n’a pas cédé la place avant d’être sûr de s’être débarrassé du tyran.

La menace militaire russe

Poutine, dont la position à l’égard des peuples qui contestent l’autorité russe, est bien connue au moins depuis la répression sanglante contre les tchétchènes, a sciemment organisé la « peur » de la Crimée, les manifestations pro-russes et développé une propagande acharnée basée sur une « vérité » historique classique en la matière : les Ukrainiens n’étaient pas du bon côté durant la seconde guerre mondiale, propagande déjà largement utilisées par les dirigeants Serbes de Milosevic contre les Croates aux débuts de la guerre dans l’ex-Yougoslavie. Ce sont donc des « fascistes »…..

Nous devons soutenir avec force le droit des peuples d’Ukraine à décider eux-mêmes de leur avenir !

Les ingérences d’où qu’elles viennent, font aujourd’hui le lit des forces ultra-libérales pro-européennes, qui conduiront là aussi les populations à bien des désillusions quand les requins de la finance et les bureaucrates du FMI auront imposé leurs plans d’austérité. La situation économique de l’Ukraine, endettée jusqu’au cou et en situation de quasi-faillite, facilite toutes les manipulations politiques et nombre de forces politiques qui se sont emparées de la mobilisation sont incontestablement des forces réactionnaires d’extrême-droite, en l’absence d’alternative de gauche.

Dans une situation mondiale où domine une crise économique sans précédent, et une accélération de toutes les inégalités, sans qu’aucune réponse alternative de gauche n’émerge durablement, les forces réactionnaires de tous bords peuvent facilement dominer et s’imposer tandis que resurgissent les thèmes favoris de l’extrême-droite aux aguets : antisémitisme, racisme, nationalismes exacerbés….

Non à l’intervention russe en Ukraine !

Mais la menace principale aujourd’hui, vient de l’intervention militaire de la Russie qui a déjà installé ses troupes en Crimée et menace de décider de l’avenir de l’Ukraine en lieu et place des populations.

Il est de notre responsabilité dans ce concert de bruits de bottes, de soutenir la volonté populaire des Ukrainiens dans leur désir de démocratie et de souveraineté, de permettre aux forces de gauche, aux forces progressistes de faire entendre leur voix et leurs solutions, de favoriser la rencontre entre tous les peuples soudés dans la volonté de combattre l’austérité imposée par les forces libérales de l’Union européenne comme la menace réactionnaire et autoritaire de la Russie de Poutine.

Hélène Adam.

Solidarité avec le peuple ukrainien !
Solidarité avec le peuple ukrainien !

Déclaration sur l’Ukraine - Quatrième Internationale

1- La crise politique a commencé en Ukraine en novembre 2013 quand le président Ianoukovitch a décidé, sous fortes pressions russes, de ne pas signer l’association de libre-échange avec l’UE, en dépit de la campagne officielle menée par le Parti des Régions depuis des mois. Elle s’est déclenchée dans le contexte d’une profonde crise sociale et d’endettement qui plaçait le pays sous pression du FMI. La façon dont la décision a été prise par le pouvoir personnel du président, a donné force à la crainte populaire d’une nouvelle intégration de l’Ukraine dans un projet régional dominé par la Russie, et que cela accentuerait les dérives oligarchiques répressives et présidentielles du régime visibles depuis 2010.

Dès lors la crise fut loin d’opposer deux camps ou programmes clairement délimités : elle a révélé des différenciations et hésitations parmi les oligarques et élites, même au sein du Parti des Régions (du président), et – en dépit de différences culturelles, sociales et politiques entre différentes régions historiques du pays –, l’émergence des masses comme un facteur indépendant exprimant leur « indignation » et défiance envers les partis politiques – que ce soit par l’implication directe dans le mouvement Maïdan (surtout dans l’ouest et le centre du pays) ou de façon passive (dominant dans l’est russophone).

Une semaine de violence sanglante a imposé le point de vue des protestataires en faveur du départ immédiat du président Ianoukovitch. Ce n’est pas un « coup d’Etat » qui l’a renversé : son impopularité croissante est devenue rejet absolu devant l’horreur de quelques 80 victimes de ses snipers tirant à balles réelles contre les manifestants. C’est cela qui a produit, après des mois d’hésitation des institutions dominantes entre répression et dialogue, l’isolement radical du président dans son propre camp : le Parlement a voté sa destitution, pendant qu’une partie des forces de police et sans doute de l’armée se déclarait à Kiev, comme en régions, « du côté du peuple », et que la fuite vers la Russie du président était stoppée dans le Donetsk, au cœur de son propre bastion.

2- Ce mouvement, depuis le début, a présenté des traits combinés, à la fois révolutionnaires (démocratiques, anti-hiérarchiques, auto-organisé) et réactionnaires – dont l’issue globale est et demeure tributaire de luttes politiques et sociales. Ces traits ont été également profondément liés au caractère marquant l’actuelle société ukrainienne post-soviétique (atomisée, sans identité de classe claire, avec une dégradation de l’éducation et l’hégémonie des idées nationalistes réactionnaires dans la société – combinées avec un légitime attachement à l’indépendance nationale et l’héritage dramatique du stalinisme).

Nous soutenons le mécontentement et les aspirations populaires à une vie décente et libre dans un Etat de droit débarrassé de son régime oligarchique et criminel, exprimés dans le mouvement dit EuroMaïdan et dans le pays – tout en étant convaincus que l’Union européenne (UE) est incapable de les satisfaire, et en le disant.

Nous soutenons le droit du peuple ukrainien tout entier à décider et contrôler les accords internationaux négociés – ou rompus – en son nom, que ce soit avec la Russie ou avec l’UE. Avec une pleine transparence sur leurs effets politiques et socio-économiques.

Nous dénonçons toutes les institutions et forces politiques internationales ou nationales, quelles que soient leurs étiquettes, qui limitent la pleine et libre détermination de ces choix par la population, que ce soit par des diktats économiques ou financiers, par des lois et forces de sécurité liberticides, ou par des agressions physiques qui interdisent la pleine expression pluraliste des choix et désaccords. Sur ce plan, nous dénonçons tout autant les courants d’extême-droite que les forces de sécurité du régime, qui partagent d’ailleurs souvent la même idéologie réactionnaire, antisémite et nationaliste violemment exclusive.

Alors que les principales forces politiques organisées étaient de droite ou d’extrême-droite, nous soutenons les forces sociales et politiques qui ont cherché à construire une opposition de gauche au sein de ce mouvement. Elles ont ce faisant refusé de rester à l’extérieur de ce mouvement ou de l’assimiler à l’extrême-droite. Cette orientation autonome impliquait une difficile confrontation aux courants fascistes et l’accent sur la dénonciation de 25 ans de privatisations quelles que soient les partis politiques au pouvoir depuis l’indépendance du pays.

3- Après la chute du régime Ianoukovitch, le mouvement de masse lui-même, n’a pas de programme progressiste basé sur des revendications démocratiques nationales et sociales ou de force politique et syndicats indépendants implantés parmi les travailleurs – tout en étant imprégné d’espoirs de réels changements politiques et sociaux. Quels que soient les résultats des prochaines élections, des désillusions populaires suivront. Et quels que soient les accords conclus avec l’UE, les nouveaux partis au pouvoir poursuivront les attaques sociales, avec le risque de confrontations intérieures conduisant le pays à la désintégration. La gauche alternative doit répondre aux espoirs et illusions populaires par ses propres propositions sur les enjeux sociaux, lingistiques, démocratiques, contre les divers partis de droite.

Nous espérons que la population ukrainienne trouvera ses propres formes auto-organisées d’expression autonome de ses exigences concrètes et de défiance envers les partis dominants, dans toutes les régions du pays.

Comité international de la Quatrième Internationale, le 25 février 2014

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Vangelis 04/03/2014 01:08

"des couches modernes et jeunes, plutôt pro-européennes" les milices nazis , comme le jeune Nazi avec le t-shirt de 3 eme Reich dans la photo d'article ???? Ni Poutin mais sourtout ni les milices nazis soutenu par l' OTAN et les Merkelistes
http://syriza-fr.org/2014/03/03/communique-du-secretariat-politique-de-syriza-pour-lukraine-27-2-2014/