Femmes: l’austérité est aussi question de sexe

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Femmes: l’austérité est aussi question de sexe

La crise, puis les politiques de baisse des dépenses publiques décidées par les gouvernements pour tenter d’y répondre frappent dur, mais pas également. À plusieurs niveaux, leurs premières victimes demeurent les femmes.

Nous l’avons déjà écrit : la crise et l’austérité frappent plus fort encore certaines catégories de population : les jeunes, les seniors… Mais on ne dira jamais assez qu’elles frappent aussi en particulier toute une moitié de la population, celle dont le seul tort est d’être de sexe féminin. Malgré le manque persistant de données genrées, certains chiffres restent éloquents : l’Insee dénombre en France 4,7 millions de femmes vivant avec des revenus situés en dessous du seuil de pauvreté (964 euros par mois), alors que les hommes ne sont « que » 3,9 millions. Un écart qui semble se creuser avec le temps, comme le démontre la fréquentation du Secours catholique : si, en 2001, la part de femmes dans son public était équivalente à celle des hommes, dans son rapport de 2012, l’association estime qu’elles représentaient, en 2011, 57 % des adultes rencontrés.

Fondement culturel

Mais attention : la crise n’est pas à l’origine de ces inégalités. Comme le rappelle le Conseil économique, social et environnemental dans une étude publiée en février 2013, « les risques de précarité sont en fait multifactoriels et trouvent leur origine dans le fondement culturel du rôle assigné aux femmes dans la société, y compris au regard de l’emploi ». Autrement dit, ce n’est pas un scoop, la domination masculine préexistait à la chute de Lehman Brothers. La surreprésentation féminine dans les emplois dits « informels » et précaires, les inégalités de salaires, le « plafond de verre » qui limite l’avancement hiérarchique des salariées… autant de phénomènes dénoncés depuis des décennies par les défenseurs de l’égalité.

Femmes: l’austérité est aussi question de sexe

Ce qui est par contre assuré, c’est que, depuis 2008, la crise économique puis les choix politiques faits par la suite par les gouvernements ont considérablement aggravé ces inégalités. « Le faible taux d’emploi des femmes, leur concentration dans des formes d’emploi peu rémunérées, informelles ou vulnérables et l’insuffisance de leur protection sociale font qu’elles sont plus exposées aux crises que les hommes », notait dans un rapport la Confédération syndicale internationale en 2011.

Le chômage au féminin est sous-estimé

À en croire les statistiques pourtant, l’emploi des femmes semble avoir mieux résisté dans un premier temps que celui des hommes. « Dans les pays industrialisés, ce sont les secteurs où les hommes sont majoritaires qui ont d’abord été durement touchés par la crise : le bâtiment, l’industrie automobile, les transports. La progression du taux de chômage a donc été, entre 2007 et 2010, en moyenne plus forte pour les hommes, et leur chômage a même dépassé celui des femmes », décrypte dans une note la chercheuse Christiane Marty, membre d’Attac. Mais ces chiffres masquent une autre réalité : le travail à temps partiel, dont 82 % des salariés sont des femmes, qui, comme le rappelle la chercheuse, constitue un « chômage partiel », n’est pas pris en compte dans ces statistiques. Ainsi, le chômage des femmes est-il sous-estimé. Et puis, l’évolution du taux de chômage des femmes est très vite repassée devant celui des hommes, dès 2009. En 2011, en catégorie A, le chômage des hommes augmentait de 0,9 %… celui des femmes de 5,4 %.

En dehors de l’emploi, le choix de la baisse de la dépense publique, opérée tant par l’ancienne majorité de droite que par la politique portée par François Hollande, a aussi pour principales victimes les femmes. D’abord parce qu’elles sont plus nombreuses à être employées dans la fonction publique, dont l’évolution salariale est gelée depuis quatre ans. Et parce qu’elles sont les premières bénéficiaires des services publics, maternités, centres d’IVG ; mais aussi, du fait de la division toujours inégale des tâches domestiques, crèches, garderies, services sociaux. Alors que la volonté largement affichée par le gouvernement est bien de réduire les inégalités de genre, la mission de la ministre des Droits des femmes s’apparente à tenter de faire déborder le tonneau des Danaïdes. On peut tenter toutes les mesures imaginables, si l’on continue les politiques d’austérité, elles seront invariablement réduites à néant.

Les syndicats se mobilisent. Dans une déclaration commune, la CGT, la CFDT, l’Unsa, la FSU, Solidaires, la CFTC et la CGC appellent à faire de l’égalité professionnelle une « réalité ». Non sans rappeler leurs propres responsabilités – les organisations syndicales doivent « s’emparer au quotidien de l’égalité professionnelle » –, elles interpellent le patronat et le législateur. Les syndicats revendiquent ensemble une limitation du recours au temps partiel, la revalorisation des métiers à prédominance féminine, la suppression des écarts de salaires entre les hommes et les femmes, l’accès des femmes à toutes les fonctions de direction dans l’entreprise comme dans la fonction publique, etc. Les syndicats appellent encore à « lutter contre les violences sexistes et sexuelles en renforçant la prévention sur les lieux de travail et la protection des victimes »

L'Humanité.fr - 5 mars 2014.

Femmes: l’austérité est aussi question de sexe

Montauban. Quelle place donnent-ils aux femmes?

Marie Claude Bouyssi : «Faire avancer les droits des femmes à l’échelle municipale ?... Nous, on peut ! - Rassemblement Montauban Citoyenne

Conformément à la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes, puis à celle élaborée en 2004 à l’échelon national, la commune a une responsabilité et un rôle majeurs à jouer pour favoriser cette égalité. C’est pourquoi nous nous engageons à favoriser l’égalité Femmes- Hommes au travers des politiques publiques de la ville. Nos axes prioritaires : Contribuer à la lutte contre les violences faites aux femmes :logements d’urgence, structures de protection, mesures d’accompagnement...; Lutter contre la précarité : accompagnement dans la recherche d’emploi; sensibilisation à la mixité des métiers; conditionnement des aides et des marchés publics à l’égalité salariale et à l’absence de temps partiel subi...; Assurer le droit des femmes en matière de santé publique : aide à l’accès à la contraception et à l’IVG ; création d’un centre municipal de santé...; Permettre aux femmes de prendre toute leur place dans la société : création de maisons des femmes et d’un service public gratuit de la petite enfance ; augmentation du nombre de places en crèche; exemplarité de la Municipalité en tant qu’employeur (parité, salaire)...; Lutter contre le sexisme : mise en place d’actions d’Éducation populaire et de campagnes de sensibilisation dès le plus jeune âge; vigilance sur les publicités...

Nous travaillerons en réseau et en partenariat avec les associations et les dispositifs institutionnels, déjà présents sur le terrain. Enfin, pour assurer le suivi et la coordination de toutes ces actions, nous mettrons en place un observatoire communal de l’égalité.»

R. Blanco: le combat pour le droit des femmes est d'actualité - LO.

«C’est en 1910, lors d’un congrès de l’Internationale ouvrière, que les militantes décidèrent d’organiser une journée internationale de lutte des femmes pour l’égalité. Un siècle plus tard, bien des combats restent à mener. Dans les pays dits démocratiques, si les femmes ont conquis dans la loi les mêmes droits que les hommes, cette égalité juridique reste une fiction.

Les femmes continuent à toucher des salaires et des retraites inférieurs à ceux des hommes, à être plus touchées par le chômage et à être plus nombreuses à subir la précarité. Le droit à l’IVG, ce droit essentiel pour les femmes, et conquis par leur lutte, de décider si elles veulent ou pas être mères, est remis en cause. Ailleurs, dans le monde, les femmes doivent lutter, résister, s’organiser, pour leur liberté, l’égalité et la dignité. Il leur faut se battre contre les mariages forcés, les mutilations et violences sexuelles, contre toutes les formes de soumission qui leur sont infligées. Le combat pour la conquête et le respect des droits de toutes les femmes reste d’actualité et le 8 mars reste une journée internationale de lutte, même si les combats doivent être menés chaque jour. Lutte Ouvrière se joint aux manifestations organisées aujourd’hui 10h30 devant la préfecture à Montauban...»

LaDépêche.fr - le 8 mars 2014

NDLR : Nous ne retranscrivons pas les propos(itions) de l'UMP et du FN (ils sont visibles sur le journal web de la Dépêche).... La Droite et son extrême n'ayant pas accès à une tribune sur notre blog.

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