Assurance chômage: des régressions en cascade

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Assurance chômage: des régressions en cascade

Lors de l’ultime séance de négociation qui se prolongeait ce vendredi matin, le patronat a posé un texte sur la table contenant les droits rechargeables. L’arbre qui cache une forêt de baisse des droits pour les chômeurs.

Syndicats et patronat sont encore loin d’un accord. Jeudi après-midi, les organisations syndicales ont découvert le nouveau projet du Medef dans le cadre des négociations sur l’assurance chômage. Dans le texte, on trouve les droits rechargeables – la possibilité d’être mieux indemnisé en cas de réinscription à Pôle emploi sans avoir épuisé ses droits antérieurs. Pour le patronat, cette mesure, essentielle afin d’obtenir la signature de la CFDT, ne devra pas plomber les comptes de l’Unedic. En échange de cette micro-avancée, le Medef s’est donc lancé dans une course aux économies à tout va. Il remet sur le tapis une forme de dégressivité des droits, en divisant par deux le montant des allocations les plus élevées, les faisant passer de 7 184 euros brut à 3 592 euros brut dès le 13e mois d’indemnisation. Une disposition qui concernerait avant tout les cadres.

"inacceptable en l'état"

Les intérimaires et les intermittents sont toujours en ligne de mire. Leurs annexes sont maintenues, seulement en apparence. Le régime des travailleurs temporaires, l’annexe 4, est vidé de sa substance. Leur cumul d’allocation chômage et de salaire, sans limite aujourd’hui, sera plafonné suivant les règles de l’activité réduite, sachant que ce dispositif sera lui-même refondé.

Sur le dossier brûlant des intermittents, le Medef joue la prudence. Il conserve les annexes 8 et 10 mais instaure un plafond maximum de cumul entre indemnités et revenus de 3 129 euros. La CGT n’est pas contre «mais pour cela il faudrait remettre à plat le régime et ne pas proposer seulement des mesures en recul pour les intermittents», explique Éric Aubin, négociateur pour la CGT, en partant rejoindre les milliers de manifestants, intermittents et intérimaires, défilant aux abords des locaux du Medef. Pour le chef de file de la CGT, «ce texte est inacceptable en l’état». Il évoque un autre recul significatif, l’allongement du délai de carence (aujourd’hui plafonné à soixante-quinze jours) pendant lequel les salariés qui touchent une prime supralégale de l’employeur ne peuvent percevoir d’allocation chômage – une idée lancée par la CFDT. Éric Aubin fulmine : « D’après nos calculs, des ouvrières comme celles de La Redoute, avec dix ans d’ancienneté, pourraient attendre deux cent cinquante jours pour être indemnisées!»

Assurance chômage: des régressions en cascade

Seniors pas épargnés

Les seniors ne sont pas épargnés par ces propositions régressives avec le recul de cinquante à cinquante-deux ans de l’âge prévu pour bénéficier de trente-six mois d’allocation au lieu de vingt-quatre mois. Une piste qui ne semble pourtant pas déplaire à la CFDT, à la CFTC et à la CFE-CGC.

Avec cet inventaire d’économies sur le dos des demandeurs d’emploi, pour réduire le déficit de l’assurance chômage mais aussi financer les droits rechargeables, le Medef espère conquérir la signature de la CFDT, mais aussi celles de la CFE-CGC et de la CFTC. Les discussions devaient se poursuivre dans la soirée de jeudi et vraisemblablement se prolonger vendredi.

L'Humanité.fr - Cécile Rousseau

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