22 mars, Madrid : "Debout, debout, nous allons lutter !"

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

22 mars, Madrid : "Debout, debout, nous allons lutter !"

Le 22 mars, ce sont des centaines de milliers de manifestants qui ont envahis le centre de Madrid. Les titres des journaux en Europe reprennent les mêmes références : mobilisation monstre, déferlement sur Madrid.

Le 22 mars a été comme un grand cri de protestation des classes sociales les plus touchées par la crise, un cri de colère mais aussi un cri de lutte : "Debout, debout, nous allons lutter!".

C'est un succès énorme pour cette initiative lancée il y a quelques mois par le SAT ( syndicat des travailleurs andalous), des syndicats alternatifs (Intersindical, Sindicato Ferroviario, CGT, CNT, CIGA, CSI, ESK etc.), des mouvements sociaux ( 15-M) et de multiples groupes et collectifs militants. Cette Marche n'avait pas même été mentionnée dans les medias. Elle avait été dénoncée violemment par le Parti Populaire, parti au gouvernement actuellement, tandis que le PSOE moins vindicatif, n'y croyait pas du tout. Et côté syndical, les deux grandes confédérations CCOO et UGT avaient refusé la démarche et l'appel à mobilisation, leurs dirigeants préférant poursuivre leur round de « négociation » avec le patronat cette semaine-là.

L'appel à cette Marche pour la Dignité a réussi à unifier, tant au niveau de l'Etat ( et dans l'Etat Espagnol, ce n'est pas rien) qu'au niveau social.

Le succès de ce 22 mars, qui s'inscrit dans la lignée de ce que fut le mouvement du 15M ou le mouvements des marées humaines pour les droits sociaux s'explique par plusieurs facteurs convergents : l'aggravation de la crise sociale, l'incapacité des grandes confédérations syndicales d'organiser la confrontation sociale nécessaire et la vitalité des multiples collectifs locaux et mouvements de base qui se sont développés ces dernières années.

Par sa massivité et la diversité des manifestants, cette marche a « dépassé » ces mobilisations ( 15M et marées humaines) en réussissant notamment à rassembler au delà de ces mouvements, les secteurs déjà assez mobilisés ( santé et éducation) et les travailleurs et travailleuses de la sidérurgie, de la métallurgie, du commerce, des chômeurs. Et ce sont aussi les organisations de femmes qui sont venues exiger le droit à l'avortement, les associations de migrants pour dénoncer la loi sur l'immigration.

La radicalisation sociale pousse a une évolution sur la gauche. Cela se voit par la présence importante dans la manifestation d'IU (Izquierda unida/ Gauche unie ) et du PCE ( Parti communiste espagnol) avec de nombreux jeunes. A la différence du conformisme institutionnel du PSOE, des CCOO et e l'UGT, IU donne une image combative, au côté des nouveaux processus sociaux. Elle cherche à être en phase avec ce mouvement, même si ce n'est pas la même culture au départ.

Sophie Zafari, le 24 mars.

22 mars, Madrid : "Debout, debout, nous allons lutter !"
22 mars, Madrid : "Debout, debout, nous allons lutter !"

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