Hollande: "le pacte de responsabilité, c’est alléger les charges des entreprises"

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Hollande: "le pacte de responsabilité, c’est alléger les charges des entreprises"

C’est la troisième conférence de presse du président depuis le début du quinquennat. Elle entérine sa nette orientation libérale. Car son pacte de responsabilité, le président l’a passé avec le patronnat et qui obtient ses 30 milliards d'euros d’exonération de cotisations familiales pour 2017.

Après avoir rappelé la crise, les difficultés rencontrées, François Hollande a estimé que ses premiers résultats étaient là : « recul du chômage des jeunes, stabilisation du chômage » mais « nous n’avons pas encore gagné la bataille pour l’emploi » reconnaît-il. Mais plutôt que de constater le manque d'efficacité de la politique austéritaire, François Hollande préfère foncer dans le mur : « Il ne s’agit pas de changer de chemin, mais d’aller plus vite ».

  • Un cadeau écrit par le Medef

Pour accélérer, François Hollande le fait, en exposant son pacte de responsabilité, véritable ode au Medef. Pierre Gattaz peut se frotter les mains, il a obtenu que le patronat et les travailleurs indépendants ne cotisent plus du tout pour les cotisations familiales, un cadeau de 30 milliards d’euros sur trois ans. « Alléger les charges des entreprises, réduire leurs contraintes et en contrepartie de permettre plus d’embauche. »

Donc 30 à 35 milliards d’euros supplémentaires qui seront pris sur les salaires.

Et il enfonce le clou : « le principal problème de la France, c’est la production. Il faut produire plus et produire mieux. C’est donc sur l’offre qu’il faut agir. »

Ce cadeau au patronat, déjà amorcé par le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE, le premier cadeau de 20 milliards d'euros accordé au patronat) sera lissé sur le reste du quinquennat : « Nous fixerons un horizon 2017 avec un cap, c’est la modernisation de la fiscalité » a poursuit François hollande.

Le président entend également poursuivre son « choc de simplification », c’est à dire réduire le nombre de procédure pour les entreprises. Un parlementaire et un patron passent au crible toutes les étapes de la vie d’une entreprise (création, demande de subventions, embauche…) et tentent d’en simplifier et faciliter les procédures.

  • Et les contreparties ?

« Elles doivent être définies au niveau national et réparties selon les branches : embauche, travail des jeunes, séniors, formation, niveau des salaires et amélioration du dialogue social… C’est un grand compromis social. Il implique toutes les parties prenantes. » affirme le président.

Et les sanctions prévues ?

Aucune d’annoncée. Un « observatoire des contreparties» sera créé. Et tout cela ira effectivement très vite, la réforme fiscale des entreprises et un wagon de simplifications précèdera la conférence sociale du printemps.

  • Nouvelles coupes dans dépenses publiques

François Hollande a réaffirmé sa volonté de réduire les dépenses publiques, à hauteur de 50 milliards d'euros de coupe en 2017 (18 mds d'économies supplémentaire par an). Là encore, il reprend le vocabulaire de la droite et ses fameuses « réformes structurelles ». Ce terme, dans bouche de la troika, a fait des ravages chez nos voisins européens: privatisations de services publics (eau, énergie, transports, santé, éducation...), baisse des salaires et du nombre de fonctionnaires...

La première étape évoquée par François Hollande: « redéfinir les missions de l’Etat ». Le président a nommé un « conseil stratégique de la dépense », chargé d’évaluer les politiques publiques. Et dès avril, chaque ministère recevra un objectif d’économie à atteindre, étape par étape, jusqu’en 2017. François Hollande entend également s’attaquer aux collectivités territoriales.

Derrière le projet des métropoles, le président entend notamment réduire le nombre de régions et de départements, favoriser les fusions de collectivités. « Les dotations de l’Etat varieront selon les regroupements qui seront faits ». Enfin le financement de la sécurité sociale prendra un nouveau coup. François Hollande espère réaliser des économies notamment sur les actes redondants, l’usage de génériques…

L'Humanité.fr - le 14 janvier 2014

Hollande: "le pacte de responsabilité, c’est alléger les charges des entreprises"
Hollande: "le pacte de responsabilité, c’est alléger les charges des entreprises"

Le pacte d’impunité pour le capital

Avec « le pacte de responsabilité », François Hollande poursuit la politique libérale pro-patronale dont il a toujours été porteur, comme ses prédécesseurs. Une fois de plus, il sert les intérêts du MEDEF.

Depuis le début du quinquennat, c’est une suite de mesures économiquement inefficaces et socialement injustes : exemption pour le patronat du paiement des cotisations sociales de la branche famille (35 milliards d’euros), fausse remise à plat fiscale…

Celles annoncées ce jour sont aussi dans le droit fil d’une conception libérale de la politique de l’offre, du « coût » du travail, et du partage toujours plus inégal des richesses. Le patronat paiera moins de cotisations sociales et les salarié-es règleront la facture au travers de la baisse des dépenses publiques, donc de la dégradation de la redistribution sociale (dont la sécurité sociale) et des services publics.

La réorganisation des collectivités locales aura des conséquences sociales, même si leur portée ne peut être mesurée à l’aune des annonces très floues qui sont faites.

Parler de contreparties à ces largesses (en termes d’emplois ou de salaires) est une plaisanterie. Voilà des décennies que les gouvernements successifs multiplient les exonérations de cotisations sociales pour le patronat et que le chômage ne cesse d’augmenter. La logique financière des entreprises au détriment de l’activité économique et de l’investissement socialement et écologiquement utiles, est inhérente au système capitaliste et c’est la raison première du désastre humain, social et économique que subissent les salarié-es des grandes groupes comme des petites entreprises, les chômeurs-euses, les jeunes en formation, les retraité-es.

Le MEDEF et l’AFEP (officine des entreprises du CAC 40), n’en n’ont jamais assez. Leur objectif est de détruire tout ce qui reste de garanties et de protection sociales, de continuer à diminuer la part des richesses produites en faveur des salaires, de pouvoir licencier sans entrave comme le permet la loi mal nommée de « Sécurisation de l’emploi », de voir baisser la fiscalité des entreprises. Le chantage du président du MEDEF, Gattaz, sur la supposée création d’un million d’emplois en contrepartie d’une baisse des cotisations sociales de 30 milliards d’euros, est une provocation.

François Hollande et son gouvernement nous plongent dans une politique récessive, refusent de s’attaquer à la question essentielle du coût du capital (dividendes, optimisation, évasion et fraude fiscales, spéculation financière, système bancaire, etc.) et s’opposent à une politique de transformation économique, sociale, écologique, en rupture avec le libéralisme. L’annonce du renforcement franco-allemand sur cette orientation va accentuer la politique libérale de l’Union européenne.

Le Président annonce qu’il engagera la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale dans les mois à venir.

Nous appelons à la construction de mouvements sociaux d’ampleur pour exprimer plus fortement, dans les entreprises, les services et les localités, le refus de cette politique antisociale du gouvernement.

Les organisations syndicales qui refusent d’accompagner la politique pro-patronale du gouvernement doivent s’unir au plan national pour construire la riposte populaire !

Union Syndicale Solidaires - Paris le 14 janvier 2014

Hollande: "le pacte de responsabilité, c’est alléger les charges des entreprises"

Commenter cet article