Budget 2014 : L’injustice fiscale n’est pas une politique de gauche

Publié le par Le blog de la Gauche Anticapitaliste du Tarn & Garonne

Budget 2014 : L’injustice fiscale n’est pas une politique de gauche

Lire dans Trait d’Union nº7

Le budget présenté par le gouvernement pour 2014 est une nouvelle application de la politique d’austérité.

Austérité qui pèse sur les plus modestes alors que les patrons sont préservés.

Austérité qui pèse aussi sur les collectivités locales avec les conséquences sur les politiques qu’elles pourront mettre en œuvre.

Le budget de la Sécurité sociale est également touché à l’heure où les hôpitaux sont menacés et où les dépenses de santé ne cessent d’augmenter.

Un an et demi après l’élection de François Hollande, les promesses de changement du candidat socialiste n’en finissent pas d’être bafouées. Certes, Nicolas Sarkozy, le « président des riches », a été mis hors-jeu et nous ne pouvons que nous en féliciter. Endettement record, hausse du chômage, remise en cause des acquis sociaux, débat nauséabond sur l’identité nationale : la droite sarkozyste a laissé notre pays dans une situation économique et sociale catastrophique.

Aujourd’hui, malgré l’urgence sociale, le gouvernement socialiste applique pourtant les mêmes recettes que celles utilisées lors du mandat précédent. L’objectif ultime des politiques publiques est la réduction de la dette publique pour satisfaire les exigences de la Commission européenne et remplir les critères du Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), imposé par le gouvernement socialiste et écologiste, faut-il le appeler, sans référendum et sans en changer une virgule.

Le projet de budget présenté par le gouvernement pour l’année 2014 poursuit dans la voie austéritaire avec 15 milliards d’euros d’économies portant pour l’essentiel sur les dépenses publiques. L’étude des budgets donne le tournis : -7 % pour l’écologie, -2,5 % pour la culture, -5,8 % pour l’aide publique au développement. À cela s’ajoute la baisse de 1,5 milliard d’euros de dotations aux collectivités locales. Les répercussions concrètes sont terribles avec des services publics réduits de manière drastique et plus de 3 200 suppressions de postes de fonctionnaires.

De nombreux dispositifs utiles aux foyers modestes seront sévèrement rabotés. Je pense notamment à la baisse de l’aide juridictionnelle, à la suppression d’une aide de 500 millions pour les apprentis ou encore à la désindexation des aides au logement sur l’inflation. Peu à peu, toutes les soupapes de solidarité s’effacent au nom de l’équilibre des finances publiques et de la compétitivité.

Matraquage fiscal pour les plus modestes

Côté recette, c’est pire ! Le budget 2014 du gouvernement Ayrault constitue un véritable matraquage fiscal pour les classes moyennes et populaires. Près de 2 millions de personnes supplémentaires sont devenues imposables cette année. Parmi elles, des personnes âgées, des jeunes couples ou des salariés précaires qui, d’un coup, se retrouveront privés de nombreuses prestations sociales. Comment s’étonner de la colère et de la désespérance de ces personnes modestes, qui se voient tout à coup considérées comme des nanties alors qu’elles vivent au quotidien la baisse de leur pouvoir d’achat ?

Le gouvernement se livre à un véritable inventaire à la Prévert en matière de fiscalité avec hausse de la TVA, baisse du quotient familial, taxe sur les mutuelles, réduction des frais de scolarité. Ce sont 10 milliards d’euros qui seront pris dans les poches des ménages, pénalisant durement le pouvoir d’achat des Français.

Dans le même temps, les grandes entreprises ne connaîtront pour l’année 2014 aucune hausse d’impôt, alors qu’elles réalisent des niveaux de profits toujours plus importants. On voit que le gouvernement socialiste tente par tous les moyens de rassurer les patrons du Medef en orientant toute sa politique économique et fiscale sur les sacro-saintes baisse du coût du travail et hausse de la compétitivité. Comme à l’époque de Sarkozy, les entreprises reçoivent de conséquentes aides publiques : 20 milliards d’euros accordés aux entreprises sans contre-partie dans le cadre du Crédit d’impôt compétitivité emploi (Cice), 30 milliards d’exonération de cotisations sociales, abaissement de la fiscalité du capital. Ces cadeaux aux grandes entreprises sont directement financés par les ménages, notamment par la hausse de la TVA.

Le budget de la Sécurité sociale est dans la continuité des politiques mises en place par la droite avec une baisse de 3 milliards d’euros. Les dépenses de santé seront à nouveaux rognées. La Tarification à l’activité (T2A), qui Photothèque Rouge/Milo a imposé à nos hôpitaux publics un fonctionnement comparable à celui d’une entreprise, n’a pas été remise en cause. Résultat : les établissements de santé sont dans une situation financière critique lorsqu’ils ne sont pas contraints à la fermeture. La maternité des Lilas ou les urgences de l’Hôtel-Dieu se battent toujours actuellement pour ne pas mettre la clef sous la porte. C’est dramatique.

Inacceptable

L’ensemble des députés du Front de gauche partagent le même constat : ce budget n’est pas acceptable en l’état. Le choix de l’injustice sociale opéré par le gouvernement écœure de la politique, désespère le peuple de gauche, l’entraîne vers l’abstention, pour ne pas dire pire. En cette période de crise, notre pays a plus que jamais besoin de justice et de solidarité. Le Front de gauche doit se réinventer, de toute urgence, pour proposer une alternative offensive aux politiques d’austérité qui mènent l’Europe entière dans l’impasse. De cette crise de sens généralisée, tirons le meilleur parti pour forger le nouveau projet à vocation majoritaire d’une gauche de transformation sociale et écologique.

Par François Asensi, député de Seine-Saint-Denis

Budget 2014 : L’injustice fiscale n’est pas une politique de gauche
Budget 2014 : L’injustice fiscale n’est pas une politique de gauche

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